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world-flags-globe-translationDormir chez l’habitant ou dans notre tente est ce qui fait la saveur de notre voyage: passer une nouvelle nuit sur la route est un prétexte aux rencontres, à l’échange, à l’enrichissement… C’est ce qui rend notre aventure possible et singulière, en nous permettant de respecter nos objectifs écologiques, économiques et d’échanges culturels. Mais avant d’en arriver là, il a fallu apprendre à se défaire de notre confort, à aller vers les autres – en un mot, à sortir de sa zone de confort. Ce qui n’était pas une étape évidente hier, l’est devenue aujourd’hui: c’est pourquoi nous avons crée ce guide de l’hébergement alternatif, afin de vous aider à vivre pleinement un voyage hors du commun!

Hébergement chez l'habitant (ou Couch-surfing)

Couchsurfing

À l’origine, Couchsurfing est un réseau social sur Internet permettant de mettre en relation des voyageurs et des locaux désirant se rencontrer / s’héberger (voir la rubrique “à propos” du site).
Le mot est depuis passé dans le langage courant: “Couch-Surfing” (en anglais, surfer sur le canapé) définit le fait d’héberger des voyageurs ou d’être hébergé par des locaux. Le site Couchsurfing est devenu la référence dans le domaine, nous avons d’ailleurs trouvé beaucoup de nos hôtes grâce à ce site durant notre aventure en stop, principalement lorsque nous faisions étape dans les (grandes) villes!

 

Bon à savoir:
➡️ Il vous faudra compléter votre profil à 100% avant de pouvoir utiliser le site gratuitement: confirmation de l’adresse électronique (en cliquant sur le lien reçu par e-mail) et/ou de votre numéro de téléphone, profil détaillé avec photo, obtention de 2 références personnelles… N’hésitez pas à demander à des amis, inscrits sur le site, de vous laisser une référence!
➡️ Si vous voyagez à deux, il est préférable d’avoir un profil chacun, et de mettre le lien du profil de votre partenaire dans votre propre profil
➡️ L’utilisation peut être totalement gratuite. Toutefois, le site vous demandera une participation financière pour faire passer votre simple profil en un profil “vérifié” – une amélioration qui vous apportera plusieurs avantages:
  • ajout d’un badge de confiance à côté de votre nom
  • possibilité de contacter les autres membres de  manière illimitée (limitation fixée à 10 messages/semaine avec un profil classique)
  • recherche d’hôtes potentiels plus exhaustive (limitation des profils affichés dans la recherche avec un profil classique)

✅ Obtenir un profil “vérifié” gratuitement

Personnellement, nous avons du mal à cautionner l’idée de faire payer des individus pour un concept basé sur l’échange et la gratuité… Excepté l’utilisation d’alternatives open-source et à but non lucratif, nous n’avons pas trouvé mieux que d’éviter de payer CouchSurfing en obtenant un profil “vérifié” gratuitement. Comment faire? C’est très simple: il suffit tout simplement d’héberger des voyageurs! C’est d’ailleurs ce que l’on recommande à quiconque souhaitant  se lancer dans l’aventure Couchsurfing: avant de vous faire héberger, accueillez chez vous des voyageurs afin de comprendre comment cela fonctionne, mais surtout comment se comporter chez les autres. De plus, les avis laissés par vos invités permettront de rassurer de futurs hôtes par la suite!

Comment cela fonctionne?

  • Un membre du réseau vous envoie une “demande d’hébergement officielle”
  • Si vous avez envie d’héberger cette personne, acceptez la demande (votre invité(e) devra confirmer par la suite)
  • Après le séjour, échangez entre vous des avis pour décrire votre expérience.
  • Si les deux avis échangés sont positifs, vous obtiendrez un profil “vérifié” gratuitement durant 3 mois! (note: votre profil doit également être bien renseigné, avec un numéro de téléphone ou une adresse postale, pour que cela fonctionne).
  • Vous pouvez héberger 4 membres différents pour obtenir gratuitement un profil “vérifié” pendant 1 an (si vous hébergez continuellement des voyageurs, vous conservez toujours le status “vérifié” – ce n’est que lorsque vous arrêtez d’héberger que le compte à rebours d’un an s’enclenche)

Les autres réseaux d’hospitalité

Trustroots est une alternative  créée par les nomades à l’origine de Hitchwiki.org et Nomadwiki.org. Ce site est open-source et à but non lucratif. Il dispose également de son application mobile, et la recherche d’hôtes se fait très simplement sur une carte!
À l’inverse de Couchsurfing, il n’est pas possible d’en devenir membre facilement: il faut y être invité par un membre déjà actif du réseau! Malheureusement, l’avantage de filtrer les inscriptions tourne à l’inconvénient lorsqu’il s’agit de trouver un hôte: la communauté ne s’est pas encore développée partout dans le monde… Ceci dit, les quelques expériences d’hébergement via Trustroots que nous avons eues se sont toutes avérées géniales!

Un autre site open-source, à but non lucratif, avec une simple inscription et une recherche de membres directement sur une carte. Nous ne l’avons pas utilisé, comme TrustRoots il y a encore peu de membres actifs.

Warmshowers est une alternative réservée aux cyclistes uniquement. Le but n’est pas forcément d’héberger un cycliste, mais de lui offrir “une douche chaude” (d’où le nom, warm showers!) après une longue journée passée à pédaler!

On y pense peu, mais pourtant… Il nous est arrivé de trouver des hôtes via le réseau social Facebook en postant des messages sur des groupes dédiés au voyage et au voyage alternatif, groupes d’expatriés ou groupes d’entraide locale (comme le groupe Young people in Kosovo). Ça vaut le coup d’essayer, non? 🙂 

Plus qu’une alternative, c’est même la première solution à envisager! Combien de fois avons-nous été hébergés par des amis d’amis, ou des contacts de personnes rencontrées sur la route? Le gros avantage d’utiliser son réseau, c’est que vous êtes sûrs de rencontrer des personnes de confiance – et de passer un bon moment!

📝 Formuler sa demande

  • Tout d’abord, assurez-vous d’avoir bien complété votre profil: photo, description, centre d’intérêts, projet de voyage, etc.
  • Rédigez une courte présentation de vous, en 2-3 phrases, et expliquez à la personne à qui vous demandez l’hospitalité votre projet, pourquoi vous l’avez choisi, et comment vous pouvez la remercier si elle accepte (en lui apportant une bouteille ou un souvenir, en lui préparant un plat, en l’aidant dans ses tâches quotidiennes). Soyez honnête et expliquez bien vos intentions, certaines femmes ont été refroidies par de précédentes expériences de voyageurs un peu trop… dragueurs.
  • Ne soyez pas déçu si vous obtenez un refus ou une absence de réponse: les hôtes peuvent recevoir énormément de demandes ou être très occupés; il faut respecter cela! En moyenne, une demande sur 10 envoyées est acceptée.
  • Sur Couchsurfing, vous pouvez également créer une demande publique, visible par l’ensemble des hôtes disponibles dans la ville où vous vous rendez. Par expérience personnelle, les demandes publiques ne fonctionnent pas vraiment en Europe…

Le contact direct

Durant notre voyage, nous avons pu être hébergés grâce au contact direct avec les locaux. Comment?

➡️ En premier lieu, grâce à l’autostop (la fameuse sunset car)! Il nous est arrivé plus d’une fois qu’un conducteur, après avoir écouté notre histoire, décide de nous offrir (en plus d’un trajet en voiture) l’hospitalité pour la nuit!

➡️ Grâce à la recherche active d’hôtes, en demandant, avec un peu de culot, à être hébergés! En ce qui nous concerne, nous ne demandons jamais directement aux personnes de nous loger: nous ne souhaitons pas les mettre devant le fait accompli, leur forcer la main ou avoir l’impression qu’ils se sentent obligés de nous héberger. Nous privilégions donc une approche toute en douceur, avec le sourire, en montrant que nous sommes totalement indépendants:

“Nous avons une tente, des matelas et des duvets. Nous recherchons un endroit où camper en sécurité. Serait-ce possible de camper dans votre jardin?”

🎁 Que donner en retour?

L’hospitalité n’est pas un geste à sens unique. Même si certains hôtes aiment accueillir des voyageurs sans contrepartie (pour le plaisir de rendre service, avoir de la compagnie ou de l’aide, pour nous faire découvrir leur région ou pour voyager un jour, à leur tour, de cette manière), il a toujours été primordial, à nos yeux, de donner quelque chose en retour. Cette contribution est parfois impalpable; comme être simplement présent ou converser basiquement avec notre hôte – mais dans tous les cas, nous proposons volontairement notre aide: cuisine, ménage, bricolage, babby-sitting etc. La plupart du temps, nous cuisinons des plats français pour nos hôtesvoir nos recettes: c’est notre manière de les remercier et de leur faire découvrir notre culture! Si vous avez un peu de place dans vos sacs, vous pouvez également rapporter quelque chose de votre pays.
Enfin, il est très important de faire en sorte que les hôtes se sentent toujours bien chez eux, en respectant les règles de la maison. Par exemple, nous nettoyons toujours derrière nous, faisons la vaisselle directement après avoir utilisé les plats, nous évitons le plus possible d’éparpiller nos affaires, et sommes toujours flexibles quant aux impératifs horaires de la maison!

Le volontariat, bénévolat

Le principe

Le volontariat en voyage repose sur un principe simple: travailler quelques heures par jour, en échange du logis et des repas. Il y a plusieurs avantages à cela:

  • C’est la manière la plus économique de voyager (couchage et nourriture offerts)
  • On y apprend de nouvelles compétences
  • L‘immersion au sein d’une famille est plus longue que le couch-surfing chez quelqu’un

À titre personnel, nous avons déjà effectué plusieurs missions (très) variées: travail à la ferme, assistant en auberge de jeunesse ou guesthouse, volontaires dans un café de langues, baby-sitters, volontaires pour des organisations humanitaires, aides de chantier…

En général, nous  considérons qu’une mission de volontariat doit respecter les termes suivants:

  • 4-5h de travail par jour
  • 2 jours de repos par semaine
  • Couchage et nourriture offerts

Bien sûr, ces conditions ne sont pas fixes et dépendent de la mission en question (travail à la ferme, en auberge) et de… vous!

Trouver un volontariat

Il existe une multitude de sites payants, dont les plus connus sont WorkAway et HelpX. Le principe est simple: vous payez à l’année pour accéder, de manière illimitée, à une liste de contact d’hôtes présents partout dans le monde!

Il existe quelques alternatives complètement gratuite (mais que nous n’avons pas encore testée): HippoHelp, Voluntouring

Et oui, encore eux!… Bien que nous n’avons pas (encore) utilisé ces groupes pour nos recherches de mission, il est tout à fait possible d’y trouver des projets de volontariat intéressants. On tient également à souligner que ces groupes ne servent pas uniquement à l’échange de contact: les membres sont là aussi pour s’entraider et répondre à vos questions sur le sujet!

C’est la méthode que nous privilégions désormais! Il existe deux manières de faire:

  • Le porte-à-porte
  • La candidature spontanée

Personnellement, nous avons plusieurs fois démarché des auberges sur Internet (en trouvant d’abord le nom de l’établissement sur Booking.com) en expliquant le principe du volontariat, nos attentes, et en joignant notre CV de volontaires. Comme pour la recherche d’emploi, nous avons plusieurs fois fait face à des refus, à des absences de réponses – mais aussi, et heureusement, à quelques réponses positives qui se sont transformées en de superbes expériences de volontariat!

⚠️  Mise en garde

Excepté certains domaines d’activité qui nécessitent des horaires souples (en hôtellerie par exemple), on vous conseille de toujours bien définir à l’avance vos conditions de travail, notamment sur les questions horaires, logement et repas – et ceci afin d’éviter toute déconvenue à l’arrivée…
Évitez, autant que possible, de “prendre la place” d’un travailleur local: en effet, certains hôtes peu scrupuleux utilisent le volontariat dans l’unique but d’avoir de la main d’œuvre gratuite. On a vécu cela lors de notre première expérience de volontariat, lorsque nous avons aidé à rénover une vieille villa à Venise. Désormais, nous essayons toujours d’évaluer les vrais besoins de nos hôtes avant, en évitant d’accepter des tâches qu’un travailleur local pourrait faire en étant embauché si l’hôte a les moyens!
Enfin, et c’est le plus important: si la mission ne vous plaît pas, partez! Comme vous n’êtes pas lié à un contrat de travail, vous êtes donc libre de vous en allez à tout moment, sans avoir à vous justifier!

Autres formes de volontariat

Il s’agit de garder la maison de quelqu’un qui doit s’absenter sur une période (pendant ses vacances par exemple) en échange de l’entretien de la maison, l’arrosage des plantes ou de la garde de ses animaux. 
Les sites les plus connus (payants) pour le Home Sitting sont Housecarers, MindmyHouse, Nomador. Comme nous n’avons pas encore d’expérience dans le domaine, on vous suggère d’aller lire l’article “Qu’est-ce que le House Sitting?” sur le blog Pouce ton Sac!

Nous n’allons pas vous définir le volontariat humanitaire; en revanche, nous souhaitons vous mettre en garde sur ce type de volontariat, géré parfois par des associations plus ou moins sérieuses… Renseignez-vous bien sur les réelles motivations et le suivi des projets de ces associations (à lire: attention au volontourisme), en particulier lorsqu’ils vous demandent une grosse somme d’argent pour seulement quelques jours sur place…

De notre côté, nous avons eu la chance de rencontrer, sur la route, des bénévoles travaillant pour des associations humanitaires (principalement d’aide aux migrants) en Serbie et en Grèce. C’est donc avec plaisir que nous les avons aidé dans leur mission! 🙂 

Le bivouac

Où planter sa tente?

Deux cas de figure se sont régulièrement présentés à nous, durant ce voyage, lorsque nous avons voulu planter notre tente:

➡️ Le bivouac en milieu urbain (lorsque nous sommes déposés en ville, par exemple). En premier lieu, nous demandons aux habitants si il est possible de camper près de leurs maisons, dans un jardin privé: cette solution est beaucoup plus sécuritaire, et souvent on vous laissera un accès à l’eau, aux toilettes, à la douche – et plus, si affinités! Si nos recherches se révèlent infructueuses, nous demandons alors à planter la tente dans un jardin publique (une pratique courante et légal en Iran), derrière une station service ou dans l’enceinte d’un établissement religieux (fonctionne proche des temples en Asie du sud-est, lorsque l’enceinte est ouverte au public).

➡️ Le bivouac en pleine nature (ce que nous préférons!). Cette pratique demande toutefois un minimum de préparation en amont: préparer des réserves d’eau et de nourriture suffisantes, avoir du matériel adapté comme paille filtrante et briquet, etc.

Où se laver?

C’est la question que beaucoup se posent lorsque l’on bivouaque: comment rester propre lorsqu’on enchaîne plusieurs nuits en tente, en itinérance?

➡️ Utilisez les points d’eau naturels lorsque vous êtes en pleine nature (rivières, lacs). Vérifiez bien d’abord la propreté de l’eau: dès lors qu’il y a un peu de courant, que l’eau circule et ne croupit pas, vous pouvez vous baigner sans risque!

➡️ Lorsque vous êtes en milieu urbain (ville, village):

  • Recherchez un robinet d’eau pour vous rafraichir dans un parc publique, proche d’un cimetière, etc
  • Trouvez la station service la plus proche: les stations service offrent souvent des douches et des toilettes pour les routiers qui eux, aussi, besoin de se laver!
  • Utilisez les toilettes ou les douches publiques (ou celles d’un petit restaurant éventuellement). En Asie il n’est pas rare de trouver une grosse bassine d’eau et un jet pour se laver à côté des toilettes: profitez-en pour vous laver sommairement!
  • Demandez aux gens: cela ne coûte rien de demander un peu d’eau pour se laver, et dans la grande majorité des cas, cela fonctionne!

👍  Trouver les bons spots

Pour nous aider à trouver un endroit parfait pour planter notre tente (sol plat, endroit abrité et/ou isolé du bruit, proche d’un lieu d’intérêt etc), nous utilisons deux applications:

  • Maps.me, notre carte hors-ligne: certains utilisateurs ont eu la bonne idée de rajouter un spot “camping” pour signaler un bon emplacement gratuit. Attention, certains spots n’existent plus!
  • iOverlander, une application open-source où les utilisateurs indiquent leurs meilleurs spots de bivouac, l’emplacement de toilettes ou de wifi publiques, leurs retours d’expérience, et tous les détails utiles à savoir!

Vous pouvez également vous aider des recommandations du site Nomadwiki.org (exemple ici avec Paris): une vraie mine d’or d’informations pour savoir où camper et prendre votre douche gratuitement!

Légalité du camping sauvage

Avant de vous lancer dans l’aventure du camping sauvage, renseignez-vous bien sur la légalité de cette alternative, selon les lois en vigueur du pays! Il est toujours bon de savoir si il est possible de planter sa tente en dehors de zones délimitées (tels que des campings payants), si il faut se faire discret ou non, et quels sont les risques encourus si la police vous attrape…

➡️ Vous pouvez trouver des récapitulatifs sur Internet, comme celui-ci concernant la légalité du camping sauvage en Europe. Attention toutefois, les lois peuvent vite changer…

Bonus SerialHikers: nos hébergements insolites

Couch-Surfing

  • Pizzeria (Serbie)
  • Boulangerie (Grèce)
  • Hôtels / Guesthouses (partout)
  • Yourte (Kirghizistan)
  • Sanatorium délabré (Arménie)
  • Café-Restaurant de route (Arménie)
  • Dans une auberge pour routier (frontière Kirghizistan – Chine)
  • Centre de médecine chinoise traditionnelle (Chine)
  • Boutique de matériel informatique (Thaïlande)
  • Villas flottantes (Hong Kong)

Bivouac

  • Aux abords de temples bouddhistes (régions tibétaines chinoises, Asie du Sud-Est)
  • Au pied de notre camion-stop (Kazakhstan)
  • Dans un stade, aux abords des terrains de pétanque (Laos)
  • En face d’un poste de police (Chine)

* Article rédigé d’après notre expérience personnelle *

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