Visa pour la Chine, extension à Xi’an & passage frontière à Irkeshtam

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De tout notre parcours, le visa pour la Chine a été l’un des plus dur à obtenir. Et pour cause, entre des relations diplomatiques tendues, les ambassades qui ne le délivrent plus, un processus long, un peu compliqué et pas du tout adapté aux voyageurs alternatifs… Ce visa nous aura donné pas mal de fil à retordre! Alors pour ne pas te retrouver « piégé », on te détaille notre expérience sur l’obtention de ce fameux visa.


Où déposer sa demande de visa?

Lorsque nous sommes partis de France en Octobre 2016, il était encore possible de réaliser son visa pour la Chine sur la route, quelque part en Asie Centrale. Mais entre-temps, les relations diplomatiques se sont tendues… Résultat: impossible de déposer une demande de visa pour la Chine en Asie Centrale.

Il ne nous restait plus que 3 solutions:

  • Transiter par la Russie pour rejoindre la Mongolie, où il est toujours possible de demander un visa pour la Chine à Ulaan-Baatar;
  • Envoyer nos passeports en France, à Paris et réaliser cette procédure par une agence – avec un risque élevé de perte de nos passeports par voie postale et un risque encore plus élevé que le consulat chinois s’aperçoive qu’il existe un tampon d’entrée mais pas de tampon de sortie pour le pays dans lequel on se trouve!
  • Ou retourner en arrière dans un pays où il est possible de le faire, tel que l’Iran…

Malheureusement, les aléas de la vie nous ont fait rentrer en France temporairement durant notre séjour au Kirghizistan (pour des raisons familiales). On en a donc logiquement profité pour faire notre visa à Paris!

Mise en garde
 

Les relations diplomatiques avec la Chine étant souvent conflictuelles, il n’est pas rare que certaines ambassades de Chine à l’étranger ne soient plus habilitées à délivrer un visa touriste du jour au lendemain. On t’invite à consulter le super site Caravanistan pour obtenir les dernières mises à jour (en anglais).

Faire son visa touriste pour la Chine

La procédure pour réaliser son visa touriste pour la Chine en France est très bien décrite sur le site officiel du centre de traitement des visas à Paris. Nous avons tout réalisé par nous-mêmes, sans passer par une agence.

Le gros inconvénient de le faire en France, c’est que le visa touriste L simple entrée coute très cher (126€ à Paris!), et ne permet qu’un séjour de 30 jours maximum. Si tu as l’occasion de le faire sur la route, tu peux obtenir un visa touristique L de 90 jours à un prix beaucoup plus modeste!

Dans tous les cas, garde bien en tête que tu devras impérativement entrer en Chine 3 mois maximum après l’obtention de ton visa… Un délai un peu court si tu fais ta demande en Iran et souhaite explorer tous les pays d’Asie Centrale!

Quelques remarques utiles aux voyageurs alternatifs
 

Pour prouver notre sortie du territoire de Chine, nous avons réellement réservé deux places sur un vol opéré par la compagnie aérienne Aeroflot en utilisant le tarif ECONOMY FLEX (incluant l’annulation sans frais jusqu’à la veille du départ du vol). Tu peux t’amuser à fabriquer un faux billet avec de vraies données de vol (compagnie, numéro de vol, horaires); cela a apparemment fonctionné pour certains voyageurs!…

Pour notre itinéraire et les hébergements, nous avons fabriqué un itinéraire complètement aléatoire (10 jours à Beijing, 10 jours à Shanghai et 10 jours à Xi’an par exemple) et réservé des nuits en hôtel sur le site Booking.com complètement annulables sans frais. Nous avons fourni une impression d’un tableau Excel récapitulant notre itinéraire (en utilisant une colonne pour chaque élément important: ville, date d’arrivée, date de départ, adresse de l’hôtel) ainsi que nos confirmations imprimées de séjour à l’hôtel.

Si tu as séjourné en Turquie, il faudra joindre au dossier une lettre expliquant la raison de ton séjour, c’est-à-dire « voyage touristique ». Pour plus de précautions, nous avons listé l’ensemble des pays visités avec les dates de voyage dans cette lettre!

Passage de la frontière à Irkeshtam, depuis le Kirghizistan

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Réveil matinal

On savait que cette frontière allait être compliquée à passer – mais on était loin de s’imaginer ce qui nous attendait! 
Bon point pour nous: en arrivant à Irkeshtam la veille au soir, nous étions prêts dès 8h le lendemain matin à traverser la frontière. Et il fallait au moins prévoir une bonne journée pour arriver à destination! Comme à leur habitude, les douaniers kirghizes nous  ont réservé un traitement de faveur: on est passé devant les locaux, en nous demandant si nous avons aimé le Kirghizistan, avant de se faire tamponner nos passeports et de nous mettre dans un camion de marchandises. Ont-ils compris que l’on faisait du stop? Non, en réalité, ce coup de pouce nous épargnera 3 kilomètres de marche jusqu’au premier poste officiel chinois. La frontière est nette: drapeau rouge avec ses étoiles jaunes flottant fièrement, route soudainement bien goudronnée et grillages barbelés; nous voici désormais en Chine – physiquement, mais pas encore légalement…

L’aventure commence

On présente une première fois nos passeports pour un contrôle d’identité et de validité du visa. L’opération prend 5 minutes, pendant lesquels nous sommes invités à lire quelques règles de « bonne conduite » à destination des touristes visitant la Chine. À leur tour, ils nous font monter dans un camion pour nous transporter au prochain poste, 4 kilomètres plus loin – non sans avoir relevé la plaque d’immatriculation du poids-lourd. On se rend vite compte que ce premier poste n’était que la partie émergée de l’iceberg: débarqués au second poste, nous sommes escortés dans le grand hall d’un bâtiment en béton. Là, une douanière récupère nos passeports, fait passer nos sacs aux rayons X, relève nos empreintes digitales, nous prend en photo avant de nous soumettre aussi, et séparément, à une fouille complète et aux rayons X (sans s’inquiéter de savoir si je pouvais être enceinte). Invités à s’asseoir dans le hall (encore devant un gigantesque panneau détaillant les règles de bonne conduite), nous pensions en avoir presque terminé avec ces formalités – lorsque la douanière revient, demandant solennellement à récupérer notre PC, appareil photo, disques durs,  portables et mots de passe. Résolus, on lui remet tout notre matériel. Et on attend, longtemps…

L’envers du décor

Les douaniers chinois se sont visiblement bien amusés avec mon téléphone au moment de tout contrôler – tandis que nous attendions, bien sagement, dans le hall d’à-côté. Dommage pour eux, ils ont oublié d’effacer leur trace! Mais ce n’est pas tout… Après 2h d’attente, les douaniers nous rendent tout notre matériel. Par réflexe, on vérifie que tout est en ordre lorsque ô! Surprise! Une nouvelle application apparaît sur mon téléphone! Comme on l’apprendra plus tard, Fengcai (son petit nom) est un spyware utilisé pour recueillir l’ensemble des données stockées sur le téléphone (photos, audio, historique de navigation, mots de passe, messages etc). Le seul moyen de s’en débarrasser, à ce jour, reste le formatage du téléphone… Tu penses que c’est une blague, une caméra cachée sur le thème de Big Brother? On aurait bien aimé aussi, mais non… On ne rigole pas avec l’autorité en Chine!

L’arrivée à Ulugqat

Toujours sans passeport, nous attendrons encore dans le hall, contemplant les quelques autres voyageurs se faire contrôler. Finalement, un douanier s’est décidé à sortir de son bureau, une pile de passeports à la main. Sauf qu’au lieu de nous les rendre, le voici en train de remettre l’ensemble des passeports directement à… un chauffeur de taxi. On proteste, « no taxi », on souhaite juste récupérer nos passeports et s’en aller: impossible. Le prochain poste-frontière se trouve à 135 kilomètres de là, et nous ne sommes pas autorisés à nous y rendre autrement qu’en taxi partagé (une course facturée 100‎ yuans/personne). Nous n’aurons pas le dernier mot. Silencieux, dépités, nous nous installerons dans le van avec les autres voyageurs. Nous traverserons une succession de villages à l’atmosphère très étrange avant d’arriver à Ulugqat, deux heures plus tard: après une sortie de route, notre taxi nous déposera à l’entrée d’un gigantesque hangar surveillé – sans doute le fameux poste-frontière « officiel ». Avec tous les contrôles que nous avions subis plus tôt, nous pensions avoir droit à un simple dernier contrôle de passeport… Grosse erreur! À l’intérieur, le hall semble flambant neuf et lourdement équipé de portiques sécurité, scanners à rayons X, et guichets modernes avec caméra et capteurs biométriques. Encore une fois, on s’exécute silencieusement à tous les contrôles, déjà épuisés par toutes ces procédures qui nous privent toujours un peu plus de nos libertés et de notre intimité. Quand après une énième fouille des sacs une douanière chinoise en retire toute la nourriture transportée (des pommes, du pain et du fromage sous vide) pour la jeter, c’en est trop: il était déjà 17h ici, et n’ayant rien mangé depuis le matin, la colère s’empare de nous. Julien réussira à tout récupérer sauf un des fromages sous vide – pour mieux manger l’autre devant le visage horrifié de la douanière! Finalement autorisés à sortir du hangar, un dernier contrôle des passeports nous attendra dehors. Un dernier contrôle pour la journée, mais certainement pas le dernier au Xinjiang…

On te raconte notre traversée du Xinjiang dans un récit spécial

Extension du VISA à Xi’an

On le savait d’avance: pour étendre notre visa initial, il nous fallait présenter au PSB (Public Security Bureau) une preuve de résidence temporaire, datée du jour de la demande. Cette preuve s’obtient soit auprès de la police si vous résidez chez un ami, soit auprès d’un hôtel ou d’une auberge agréée pour l’accueil des voyageurs étrangers.

Pour des voyageurs alternatifs comme nous, cette étape a été la plus contraignante: n’étant pas logés dans un hôtel et ne voulant pas contraindre notre hôte à se rendre au poste de police pour un enregistrement compliqué (bonjour la paperasse et l’interrogatoire!); nous avons dû chercher une autre solution.

Et c’est après une longue tournée de négociations auprès des hôtels et auberges du centre-ville que nous avons finalement trouvé un compromis: le personnel de « Ancient City Youth Hostel », qui connaît très bien la procédure, a accepté de nous enregistrer en ligne et de nous fournir une preuve de résidence temporaire datée du jour (attention, les nuits d’avant ne comptent pas!) moyennant 30 AMB/personne (~4€).

De quoi avons-nous besoin?
 
Passeport
1 photo ID type passeport
160 AMB/personne
Preuve de résidence temporaire fournie par l’auberge/hôtel et datée du jour du dépôt
Un itinéraire, pouvant être réalisé sous Excel, pour le mois à venir

Xi’an Public Security Bureau
Entry-Exit Reception Hall

Keji Road (métro Taibai Nanlu)

Horaires: Ouvert du Lundi au Vendredi,
de 9h à 17h

Sortie C1 du métro Taibai Nanlu, puis demi-tour par la gauche. Sur la gauche, rentrer par le « Entry-Exit Reception Hall » (grand immeuble). Prendre l’entrée la plus à droite, monter directement jusqu’au 2ème étage pour obtenir toutes les informations et le formulaire à compléter.

Notre conseil
 

L’extension du visa commence le jour d’après la fin de votre visa initial, il n’y aura pas de jours « de perdu ». Ne te présente pas au PSB trop longtemps à l’avance (au risque de te faire refuser l’extension), ni trop tard: la procédure d’extension dure théoriquement 7 jours ouvrés!

Comment se déroule la procédure d’extension du visa?

  • Présente-toi à un agent du PSB (personnel aimable et parlant bien anglais) pour la demande d’extension du visa. Sois conscient qu’il n’est pas possible d’étendre ton visa une seconde fois, et que la durée d’extension accordée n’excédera pas la durée de ton visa initial (en d’autres termes, 30 jours + 30 jours pour nous). L’agent te donnera ensuite toutes les instructions et un formulaire à remplir.
  • Une fois le formulaire du PSB récupéré, il faut le compléter dans la pièce à côté, en utilisant un stylo à encre du PSB. En cas de doute ou de questions, n’hésite pas à te faire aider par un agent du PSB. N’oublie pas de coller ta photo d’identité dessus.
  • Les photocopies nécessaires (photocopie passeport et visa initial) pouvent se faire au 1er étage – tout comme la photo supplémentaire exigée par le PSB: simple, rapide, et totalement gratuit!
  • Quand tout est prêt, reviens au 2ème étage et remet ton passeport, ainsi que l’ensemble des documents à l’agent. Celui-ci  va vérifier que tu es bien enregistré dans le système en ligne par l’hôtel/hôte. Lorsque tout est bon, l’agent va encaisser les frais d’extension s’élevant à 160 AMB/personne et te remettre un papier comme preuve de dépôt de ton passeport – papier qu’il te faudra conserver précieusement et présenter aux agents pour récupérer ton précieux document!

En théorie (et c’est bien indiqué sur la preuve de dépôt!), le processus d’extension dure 7 jours ouvrés. En pratique, le PSB de Xi’an s’est montré drôlement efficace puisque nous avons pu récupérer nos passeports seulement 3 jours ouvrés après la date de dépôt! Une réelle surprise puisque rien ne nous permettait de savoir si nos passeports étaient prêts avant la date théorique. Si tu en as les moyens, n’hésite pas à venir au PSB 3 ou 4 jours après ta demande (attention aux heures d’ouverture!) pour contrôler l’avancement du processus!

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* Article rédigé d’après notre expérience personnelle *
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