Les vols vers nulle part, une aberration totale

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Taïwan, Australie, Japon, Singapour… Ces derniers jours, la liste des pays dans lesquels il est possible de réserver des vols vers nulle part (c’est-à-dire sans destination, avec un point d’arrivée identique au lieu de départ) s’allonge. Un phénomène inquiétant, une aberration de plus dans un monde qui subit déjà les effets néfastes du changement climatique…


Avion et pollution: un constat qui n’est pas nouveau

Le constat n’est pas nouveau: l’avion est un des transports les plus polluants qui existent. Souvent comparé à la voiture en terme de pollution, l’impact écologique de l’avion reste bien souvent sous-estimé. En effet, il faudrait rajouter aux émissions de CO2 engendrées par la combustion de kérosène toutes les autres pollutions liées à l’avion, comme les traînées de condensation qui aggravent l’effet des gazs à effet de serre et tous les autres coûts écologiques cachés (services à bord, déplacement du personnel, etc). À l’heure où il existe un consensus scientifique sur l’urgence climatique et que de gros changements visant à limiter nos émissions de gaz à effet de serre sont nécessaires et attendus pour préserver notre environnement, proposer des vols pour nulle part est une aberration.

Pourquoi nous ne prendrons plus l’avion: les chiffres, notre analyse, et les solutions

Des arguments qui ne tiennent pas debout

Dès lors que l’on pointe l’aberration de ces vols vers nulle part, il y a toujours des personnes prêtes à défendre l’existence de ces vols en avançant des arguments qui ne tiennent pas debout. Nous les avons compilés, en y ajoutant nos réponses détaillées et sourcées le plus possible:

« Les avions doivent voler pour rester entretenus »

L’entretien des avions se fait toujours au sol. Lorsqu’ils ne volent pas, et pour éviter leur usure prématurée, les équipes au sol doivent maintenir les appareils hermétiques aux insectes et à l’humidité, déplacer régulièrement les avions pour éviter aux pneux de s’aplatir, les graisser pour lutter contre la corrosion, faire tourner de temps en temps les réacteurs au ralenti pour maintenir le moteur… En aucun cas, il est rendu obligatoire pour les avions de voler pour assurer leur entretien. 

« Les pilotes doivent continuer de voler pour garder leur licence »

En Europe, la réglementation impose aux pilotes d’effectuer trois atterrissages ou décollages dans une période de 90 jours. Durant cette période de pandémie, l’Agence Européenne de Sécurité Aérienne (AESA) a même dérogé sur la durée de validité des qualifications et autorise ces entraînements au simulateur: un pilote n’a donc pas besoin de voler réellement pour garder sa licence, il peut tout à fait effectuer les trois manoeuvres obligatoires sur un simulateur de vol – à l’instar des pilotes belges, qui ont dû s’entraîner sur les 6 simulateurs de vol utilisés habituellement pour former les pilotes de Brussels Airlines.

« Il faut bien trouver une solution pour maintenir l’emploi »

Les gens qui délaissent l’avion ne délaissent pas pour autant les voyages: retour des trains de nuit en Europe, essor du cyclotourisme… Les initiatives ont la côte, et de nombreux emplois sont créés dans ces secteurs. Serait-ce donc trop utopique d’envisager une reconversion pour le personnel de l’aéronautique, en utilisant l’argent publique déjà accordé maintes fois par les États pour tenter de sauver un secteur toujours en crise?

Face à ce genre d’aberration, exprimons notre indignation

Face au tollé suscité par la mise en place d’un vol de 7h Sydney-Sydney, la compagnie australienne Qantas a promis de payer afin de compenser les émissions carbone de son vol sans destination. À Singapour, des associations écologistes ont permis de lister plusieurs centaines de contre-propositions pour que Singapour Airlines continue de générer des revenus complémentaires sans faire décoller ses avions. Preuve que face à ce genre d’aberration, il ne faut pas hésiter à exprimer haut et fort notre indignation!

Pour aller plus loin…

 
Mieux comprendre l’impact de l’avion sur le climat: tour d’horizon de la presse sur l’aviation

* Article écrit d’après notre expérience personnelle *

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