Voyage au féminin: conseils d’une baroudeuse

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En tant qu’ex-citadine devenue baroudeuse, il n’a pas été toujours évident pour moi de partir à l’aventure, celle avec un grand A. Avec le recul et l’expérience, j’ai réalisé que j’avais beaucoup de choses à dire, quelques conseils et astuces à partager sur le voyage au féminin. Dans cet article, je vais parler de tout et de rien, de sujets pas très glamour, d’histoires vécues, de menstruations, d’épilation… En somme, des galères de voyage conjuguées au féminin.


Le voyage alternatif au féminin

Le camping sauvage

Exception faite de nos nuits passées en pleine nature, près d’un paysage grandiose, nous recherchons dans la plupart des cas à planter notre tente non loin de maisons habitées, voire carrément à l’intérieur d’un jardin clos: non seulement on s’y sent plus en sécurité, mais bien souvent, les personnes nous donnent un accès à l’eau – point essentiel pour moi, afin de pouvoir faire ma toilette intime. Dans tous les cas, je me réserve toujours un peu d’eau, au cas où: il m’est aussi arrivé de devoir laver, en urgence, une culotte tachée… (eh oui, ça ne va pas être toujours glamour!).

L’autostop

Sur ce point-là, et comme je voyage à deux, je ne me sens pas vraiment légitime pour donner des conseils sur l’autostop solo au féminin. Il vaut mieux que tu t’inspires directement d’autres voyageuses qui pratiquent le stop en solo, dont les conseils sur le voyage au féminin seront bien plus pertinents que les miens! En revanche, je peux te dire que même à deux, j’ai été confrontée à des sollicitations déplacées. Il faut donc se préparer mentalement à toutes les éventualités, quand bien même en étant accompagnées.
Si tu débutes l’autostop:

  • Essaie de te trouver un(e) partenaire de route. Remarque importante: j’adresse aussi ce conseil aux voyageurs solo!
  • Lorsque tu arrêtes une voiture, ne te focalises pas uniquement sur ce que tu vas dire au conducteur: prend quelques secondes pour regarder l’intérieur du véhicule, juger le conducteur (odeur d’alcool? drogues à bord? etc). Et si tu ne le sens pas, même pour une raison qui t’échappe, ne monte pas (tu peux dire, par exemple: « désolée, je me suis trompée de direction »)
  • Plutôt que d’énoncer ta destination à ton interlocuteur, demande d’abord où il se rend. Cette technique permet de se défiler poliment si tu as un doute (« nous n’allons pas du tout au même endroit, mais merci de vous être arrêté »)
  • Si le conducteur insiste pour t’emmener à destination, méfie-toi: c’est peut-être un taxi, ou pire…

Margaux, une autostoppeuse solo, partage ses conseils

Les limites du voyage au féminin

Il y a des choses que je n’aime pas trop dans la vie; voir mon entourage me « surprotéger » parce que je suis une fille qui voyage en fait partie. La féministe qui sommeille en moi s’entend rugir: « et pourquoi une fille ne serait pas capable de voyager comme tout le monde, comme un mec? »… Et même si j’ai pu prouver que je pouvais voyager « comme une grande », que le voyage au féminin n’a rien d’impossible, il a bien fallu me rendre à l’évidence: je ne peux pas toujours voyager « comme un mec ».

  • Je ne peux pas me balader les cheveux au vent dans certains pays musulmans: c’est le cas en Iran, où il a fallu que je couvre mes cheveux, pour respecter la loi.
  • Je ne peux pas visiter le Mont Ahtos, en Grèce – et sans doute d’autres sites, dans le monde, interdits aux femmes…
  • Je ne peux pas faire pipi sans montrer mes fesses: ça va vous faire rire, mais quand on attend sur le bord d’une route (avec du traffic, sinon c’est pas drôle) et qu’il n’y a pas un seul arbuste pour pouvoir me cacher, c’est galère… Alors oui, il existe désormais des pisse-debout (une sorte de petit entonnoir en silicone). Personnellement, je ne trouve pas ça très pratique, surtout lorsqu’il faut le nettoyer après chaque utilisation.

Protection et contraception

Protection

En Malaisie j’ai fait la connaissance d’une voyageuse solo qui pratique régulièrement l’autostop et le Couch-surfing. Un soir, elle me confie avoir peur d’être enceinte: 2 jours plus tôt, elle avait couché avec son hôte sans protection. Moi, j’avais surtout peur qu’elle se soit faite refiler des IST… Au final pas de maladie bizarre, ni de bébé (ouf). Mais là où je voulais en venir, c’est que quand je lui ai suggéré d’avoir toujours des préservatifs sur elle, elle m’a regardé de travers: « mais Margaux, les hommes vont penser que je suis une fille facile ». Alors laisse-moi bien insister là-dessus: peu importe ce que les autres disent de toi, c’est toi, ta santé et ton bien-être d’abord! D’ailleurs, dans son article intitulé « Pourquoi il faut toujours avoir un préservatif sur soi », Annick- Marie nous donne également une autre bonne raison de voyager en ayant toujours des préservatifs.

Contraception

Aujourd’hui, on a la chance de pouvoir choisir sa contraception grâce à une infinité de choix possibles (messieurs, vous êtes aussi concernés): préservatif masculin, préservatif féminin, patch, stérilet (DIU), anneau vaginal, diaphragme, cape cervical, spermicides, implant, pilule, … Mais partir en Tour du Monde, cela suppose de choisir une contraception à la fois fiable et longue durée. 

Le choix se réduit donc essentiellement à 4 types de contraception:
• Le préservatif, que l’on trouve à peu près partout dans le monde
• L’implant contraceptif
• Le stérilet, en cuivre ou hormonal
• La méthode naturelle, avec appareillage (LadyComb) ou sans (méthode Symptothermie)

Je tiens à rappeler ici qu’on est toutes différentes, avec des besoins différents. La meilleure contraception reste celle adaptée à vos besoins; c’est pourquoi il vaut mieux en discuter avec un professionnel de santé. Si le sujet t’intéresse, tu peux jeter un coup d’œil sur le site choisir sa contraception.

La contraception que j’ai choisie
 

De mon côté, mon gynécologue (qui me suit depuis longtemps, très longtemps!) m’a proposée l’implant contraceptif, un moyen contraceptif fiable à 99,9% et qui dure jusqu’à 3 ans sur le papier. Pratique! Tout comme le stérilet, l’implant a d’autres avantages en voyage, comme l’absence de règles ou l’absence « d’oubli » – valable pour les femmes qui, comme moi, ont été habituées à la méthode de la pilule contraceptive. Seulement, après 2 ans de voyage, je dois avouer que mon bilan sur l’implant reste très mitigé: des spottings sont apparus dès le 2ème mois, sans interruption… J’étais prévenue: cet effet secondaire est dû à l’amincissement de l’endomètre. Mais gérer ces pertes tous les jours en voyage n’a pas été pratique pour moi. C’est la raison pour laquelle je ne pense pas renouveler ce type de contraception, et me tourner vers la méthode naturelle, couplée au préservatif pour la suite.

Voyager avec ses règles

Avant de partir (notre départ a eu lieu en Octobre 2016, pour rappel) je réfléchissais à adopter d’autres alternatives que les serviettes hygiéniques et tampons vendus en grande distribution: non seulement j’ai trouvé qu’ils étaient plein de produits chimiques nocifs, mais en plus ils ne sont pas très bien recyclés… Sans regret, j’ai tiré un trait sur ces produits et me suis mise à la coupe menstruelle (Cup).
À l’époque, cette révolution ne faisait pas l’unanimité par son aspect peu engageant et son utilisation peu pratique. Mes premiers essais n’ont pas été non plus super concluants: effet ventouse ratée à la première pose, retraits pas toujours maîtrisés… Mais j’ai persisté, et aujourd’hui j’en reste très satisfaite. Ça a été un total bénéfice pour la suite: gain de place, achat économique (32€ pour 10 ans d’utilisation), écologique, hygiénique et garantie sans fuites et sans odeurs! Si tu souhaites en apprendre plus sur la Cup, je te laisse lire l’article très complet de Laura.
Petite note (importante) pour les filles possédant une Cup: pensez à vider la Cup régulièrement, au moins une fois par jour, sous peine de développement bactérien responsable des mauvaises odeurs et de chocs septiques. Dès que vous le pouvez, stérilisez votre Cup dans un bain d’eau bouillante (additionné de bicarbonate de sodium, si vous voulez faire partir les odeurs).

La culotte menstruelle et les serviettes hygiéniques lavables
 

Révolution dans les culottes! Depuis 2016, beaucoup de belles alternatives ont vu le jour; comme les culottes menstruelles ou les serviettes hygiéniques lavables. J’ai même été convaincue par le retour de Céline, dans son article sur l’utilisation de la culotte menstruelle Fempo. C’est en tous cas une très bonne solution pour celles qui ne supportent pas la coupe menstruelle!…
Le seul petit hic reste la question du lavage en voyage: laver ses serviettes ou ses culottes régulièrement (à la main ou en machine à laver faible température), et trouver un endroit où les faire sécher tranquillement n’est pas toujours évident quand on est nomade!

Épilation: le rasoir et les alternatives

Même si la pince à épiler et le rasoir allaient faire partie de la trousse de toilette (ne serait-ce que pour Julien tailler sa barbe), j’ai cherché d’autres alternatives plus efficaces sur la durée. Voici les solutions que j’ai retenues:

Il se présente sous la forme d’un cylindre avec deux côtés abrasifs: l’épilation se fait par mouvements circulaires sur la zone à épiler. C’est pratique, sans douleur, et ça ne prend pas trop de place dans le sac! Pour ma part, j’utilise mon disque dépilatoire pour les cuisses et bras (parties trop sensibles pour l’épilateur électrique).

Ultra pratique pour les moins douillettes! J’ai emporté un épilateur de taille moyenne car les mini-épilateurs électriques sont bien moins efficaces sur les zones sensibles (maillot, aisselles). Après utilisation, ces zones restent toujours pour moi un passage douloureux, atténué toutefois quand je le fais après la douche: les pores dilatées sous l’effet de l’eau chaude, ça aide énormément!

Trousse de toilette: on y met quoi dedans?

Avant de se pencher sur le contenu de notre trousse de toilette, je voudrais dire deux mots sur la trousse de toilette en elle-même (Toiletbag): pour le voyage, il m’est apparue indispensable d’avoir une trousse de toilette à suspendre grâce à son crochet, qui plus est une trousse dotée de nombreux compartiments de rangement et d’un petit miroir amovible. Le fait de pouvoir l’accrocher partout (même aux arbres!) est un vrai plus, surtout lorsque l’on campe en pleine nature!
En plus d’avoir déniché cette trousse de toilette « passe-partout », nous avons choisi d’optimiser au maximum son contenu pour alléger le poids de nos sacs. Voici ce qu’on peut y trouver dedans:

La vraie pierre d’alun est connue pour son côté déodorant, mais elle peut aussi soulager les piqûres d’insectes, les brûlures ou les coupures!

Pour laver son corps et ses vêtements à la main, sans polluer l’environnement!

Destiné à toutes celles qui veulent entretenir leur crinière, de manière écologique (pas de parfum, de conservateurs, ou d’emballage plastique) et économique (1 shampoing solide = 3 flacons en moyenne!)

Un dentifrice que l’on peut se fabriquer ou se procurer en boutique spécialisée: une solution très écologique!

Pour démêler nos cheveux en voyage

Un petit mascara, un eye-liner et un vernis à ongles: voici les seuls produits maquillants embarqués dans la trousse!
[EDIT]: depuis mon départ, je n’ai plus mis de maquillage sur ma peau (exception des ongles). J’ai appris à m’aimer au naturel, et personne ne m’a encore fait de remarque désobligeante (pas même Julien!). Le mascara et l’eye-liner ont fini par sécher, avant de se retrouver à la poubelle.

Digne remplaçant des disques en coton et du flacon de démaquillant, le disque démaquillant en coton permet de se démaquiller rapidement et écologiquement… avec juste de l’eau savonneuse!

Toujours utile, surtout quand il fait (très) chaud dehors pour maintenir la nuque au frais!

Julien utilise le rasoir en complément de la paire de ciseaux pour tailler sa barbe; quant à moi je me contente de l’épilateur électrique pour… presque tout!

Un accessoire écologique et durable, qui remplace le coton-tige jetable: on introduit la partie plate de l’oriculi dans l’oreille, et on gratte le cerumen en le chassant à l’extérieur de l’oreille… À utiliser 2 fois/semaine.

Des indispensables!

Pratique pour enlever quelques poils indésirables ou des échardes!

Très pratique pour les dents qui ont tendance à s’entartrer facilement

Froid, chaud… Les différences de température affectent facilement nos lèvres, et on est toujours contents d’avoir du baume à portée de main!

Accessoire polyvalent, que l’on utilise pour rafraîchir nos coups de cheveux – et pour Julien, rafraîchir sa… barbe!

Car une bonne journée commence par une bonne nuit de repos!

Qu’est-ce qu’on a mis dans nos sacs?

Apprendre à s’aimer

Je voulais finir cet article du voyage au féminin par un sujet qui me tient à cœur: apprendre à s’aimer! Avant de voyager, j’ai souvent été confrontée aux injonctions de la société (« ta jupe est trop courte », « pourquoi tu n’es pas maquillée aujourd’hui? » etc), et en proie à des insécurités.

En voyageant et en me détachant de la société qui m’entourait, j’ai petit à petit appris à m’aimer et ne plus avoir honte: je ne me maquille plus (ok, sauf les ongles), j’ai fini par jeter la plupart de mes produits maquillants (d’ailleurs, j’en parle dans cette interview filmée); et il m’arrive de ne pas toujours avoir les cuisses parfaitement lisses, ni les cheveux parfaitement coiffés. Et tu sais quoi? Je m’en fiche royalement!

* Article rédigé d’après notre mon expérience personnelle *

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