Margaux, une autostoppeuse à la conquête de l’Amérique

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Très présents et impliqués sur des groupes d’échanges entre voyageurs alternatifs (ou en devenir!), nous sommes tombés un jour sur le récit de Margaux, une autostoppeuse qui a parcouru l’Amérique du Nord et Centrale toute seule pendant 10 mois – avant que l’épidémie de Covid-19 mette un terme à son voyage. On a trouvé son récit tellement captivant et ses conseils pertinents que nous lui avons demandé si elle était d’accord pour partager son expérience ici… La suite? On t’invite à la découvrir sans plus tarder!


Coucou Margaux! Peux-tu te présenter?

Bonjour à toutes et à tous! Je m’appelle Margaux, et j’ai 29 ans. Je suis ergothérapeute et aussi passionnée par une espèce unique: l’Être Humain! J’ai toujours été fascinée et émerveillée par les voyages et les prises de conscience qu’ils ont provoqué pour moi.

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Qu’est-ce qui t’a incitée à partir en stop?

J’ai vécu plusieurs années au Canada et cela m’a permis de me rendre compte de tout ce qui était d’origine culturelle, dans ma manière d’agir et de penser. Mais c’est réellement lorsque j’étais en Bolivie pour réaliser un bénévolat de deux mois comme ergothérapeute que j’ai compris que c’était ce mode de voyage qui me correspondait vraiment, un voyage lent me permettant de vivre le « vrai » quotidien et de rencontrer les locaux. En vivant pendant deux mois à Sucre en Bolivie, j’ai eu l’impression de faire un peu partie de cette ville en y prenant des habitudes locales: aller déjeuner au marché, y faire mes courses en restant papoter avec ces belles dames à longues tresses, passer des heures à regarder passer les gens sur la place centrale où viennent se réunir amis, écoliers, amants et familles. Mon projet de voyage long et lent y est né!

Comment en es-tu venue au stop?

Le stop était un mode de voyage qui me tenait énormément à cœur car il correspond totalement à mes valeurs, mes besoins et mes envies de voyage. Aller à la rencontre des locaux, vivre des expériences authentiques, me déplacer lentement par voie terrestre et voir toutes les mutations de mes propres yeux, mais également utiliser une ressource déjà mobilisée et limiter mon empreinte carbone. Ce sont les principales raisons qui m’ont donnée envie de me déplacer en stop. Et je dois dire que se déplacer à la force de la générosité et de l’humanité des gens, c’est ce qui me plait le plus! À l’heure où tout le monde se méfie de tout et de tout le monde, j’avais aussi envie de me prouver (et à qui veut bien l’entendre!) que l’humanité existe encore, et qu’il y a bien plus de bons que de méchants sur cette planète!

J’ai rencontré beaucoup de personnes avec qui j’ai eu des conversations qui ont changé ma vie, qui m’ont invité à manger chez eux, qui m’ont offert des choses, qui ont fait des détours de plusieurs heures pour m’amener à bon port. Les meilleurs souvenirs se comptent par dizaines!

Avais-tu de l’appréhension au départ? Et tes proches, ont-ils eu peur de te voir faire du stop seule?

Il m’a fallu une réelle préparation mentale avant de faire du stop toute seule. On me pose souvent la question: « Mais t’as pas peur? ». Avant de faire du stop pour la première fois, j’étais évidemment morte de trouille! J’ai lu beaucoup de témoignages sur internet, des articles de blog, des livres, et j’ai échangé avec des amies ou des voyageuses qui se déplaçaient de cette façon. Jusqu’à ce que je me sente prête. Pour être sure que ce mode de voyage me convienne vraiment, j’ai même fait un « voyage test » de trois semaines en autostop, dans les provinces maritimes de l’est du Canada. Pendant ce voyage, j’ai fait des essais et des erreurs qui m’ont permis de m’ajuster et de développer des habitudes, des stratégies, bref, de trouver un fonctionnement.

Quand à mes proches, ils n’ont pas essayé de me dissuader, car je ne leur ai pas non plus demandé leur avis – il faut dire et ça n’aurait de toute façon pas changé ma décision! Évidemment, ils étaient inquiets pour moi mais le fait d’être « bien préparée » les a rassurés et j’ai mis un point d’honneur à leur donner des nouvelles très souvent. Je ne voulais pas que mon mode de voyage soit un stress pour eux au quotidien, alors les rassurer régulièrement était une responsabilité que j’ai jugée indispensable. Au fur et à mesure de mon voyage, je me suis aperçue que j’avais moins souvent de leurs nouvelles, parfois pendant plusieurs jours. À ce moment là, je me suis dis: « ça y est, ils se sont faits à l’idée »!

Peux-tu nous décrire ton périple?

J’ai commencé mon voyage à Montréal au Canada, puis j’ai rapidement rejoint les États-Unis par Detroit dans le Michigan. Je me suis ensuite rendue à Chicago quelques jours, d’où j’ai entamé une grande traversée jusqu’à l’état du Wyoming: ça m’a pris trois journées entières de stop. J’ai passé plusieurs semaines dans les parcs nationaux du Wyoming et du Montana avant de retourner au Canada dans la chaîne de montagnes des Rocheuses. J’ai rejoint la côte canadienne puis je n’ai plus quitté la côte ouest jusqu’en Basse-Californie, l’état le plus à l’ouest du Mexique. J’ai passé un peu moins de 4 mois au Canada et aux États-Unis, majoritairement en tente dans la nature et les parcs nationaux avant d’arriver au Mexique où j’ai passé 6 mois. J’ai traversé le Mexique en zigzag, d’ouest en est, en terminant par la péninsule du Yucatan d’où j’ai pu rejoindre le Belize. Mon voyage était initialement prévu jusqu’en Patagonie mais j’ai choisi de l’interrompre prématurément en raison du Covid-19 pour rentrer en France, 10 mois après mon départ.

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Quels sont tes meilleurs souvenirs? Et les pires?

Parmi mes pires souvenirs (et il y en a peu!) et dont je ris beaucoup en y repensant aujourd’hui, il y a cette journée infernale de stop entre Detroit et Chicago qui m’aura pris 12h au lieu de… 4 heures. Cette journée aura été la pire d’entre toutes, mais m’aura appris que parfois entre deux grosses villes géographiquement proches, ça ne vaut pas la peine de faire du stop. Le deuxième pire souvenir est celui d’une nuit de « camping sauvage » dans un parc municipal à Kamloops (Canada) où je me suis imaginée encerclée par des personnes voulant ma peau, alors que j’étais seulement prise d’assaut par le système d’arrosage automatique du parc! Ça m’a valu un beau fou rire à 2h du matin, après avoir pris mon courage (et mon bear-spray) à deux mains pour sortir de ma tente! Cette nuit-là, je me suis finalement prise une petite douche nocturne pour fêter cette fausse frayeur!

Les meilleurs souvenirs sont tellement nombreux que c’est super difficile de n’en choisir que quelques un. J’ai été prise en stop par un couple de retraités dans le Montana, qui m’ont fait visiter la maison de leur fils chasseur digne d’un vrai musée d’histoire naturelle, un monsieur a fait 3h de détour pour m’emmener jusqu’à Vancouver (après ma fameuse nuit à Kamloops!), je suis arrivée à San Francisco dans une voiture que deux jeunes avaient acheté à 300$ sans sièges à l’arrière où j’étais coincée entre mon sac, un régime de bananes et le chaton qu’ils venaient de recueillir. J’ai rencontré beaucoup de personnes avec qui j’ai eu des conversations qui ont changé ma vie, qui m’ont confié des histoires, qui m’ont invité à manger chez eux, qui m’ont offert des choses, qui ont fait des détours de plusieurs heures pour m’amener à bon port. Les meilleurs souvenirs se comptent par dizaines!

Que changerais-tu, si tu devais recommencer?

Je crois que je ne changerais rien, si ce n’est peut-être que je prendrais encore plus mon temps et que je ne me mettrais aucune deadline. Je devais retrouver ma sœur en Californie à une date donnée, c’était génial je ne regrette pas du tout, mais ça m’a obligée à aller plus vite que le rythme auquel je serais allée spontanément pour découvrir le Canada et les États-Unis. Je me suis aussi séparée de mon équipement de camping avant mon arrivée au Mexique, et je l’ai souvent regretté. Le Couch-surfing fonctionne super bien au Mexique, mais dans certaines régions plus naturelles j’ai souvent eu envie de me retrouver seule et d’être au cœur des beaux espaces de nature. Avoir une tente permet aussi plus de flexibilité et moins d’organisation préalable pour se loger. Voyager en stop, c’est passer beaucoup de temps avec les gens, et j’aurais apprécié de me retrouver seule dans mon petit cocon (ma tente!) un peu plus souvent!

Parle-nous du fait d’être une autostoppeuse: as-tu eu des difficultés? Est-ce mal perçu par les locaux?

Je ne peux parler que de ce que je connais. Je suis une fille, je suis blanche, je voyage seule. Selon moi, ce sont trois caractéristiques facilitatrices pour être prise en stop. Par contre, j’ai été plusieurs fois amenée à voyager avec des personnes que j’ai rencontré en route. J’ai voyagé trois semaines avec un gars aux États-Unis, et malgré mes appréhensions, ça a super bien fonctionné! Plusieurs fois, j’ai fait du stop avec d’autres personnes sur de courtes distances (moins de 2h de trajet), avec 2 et jusqu’à… 7 autres personnes! Bon, par contre le stop à 8 je déconseille. Mais ce n’est pas impossible! L’image que l’on renvoie, et le fait d’être souriant sont vraiment deux éléments déterminants selon moi.

Beaucoup de personnes qui m’ont prise en stop m’ont dit que c’était la première fois qu’ils le faisaient, mais qu’en me voyant, ils avaient eu un bon feeling. Il y a aussi beaucoup de personnes qui s’arrêtent (ou font demi-tour!) parce qu’ils ont peur pour moi, et ont l’impression de me sauver d’une situation dangereuse car « personne ne te prendra en stop ». Je l’ai vécu des tonnes de fois, beaucoup de monde pense que de faire du stop est extrêmement dangereux (spécialement en tant que femme seule), que « les gens ne sont pas sympa » ou que « les gens ne s’arrêtent pas pour prendre des autostoppeurs » –  ce qui est, de mon expérience et dans les pays et régions où j’ai voyagé, totalement faux! Tout au long du chemin, du début jusqu’à la fin, j’ai entendu: « ici dans ce pays/cet état, on est sympa tu es en sécurité, mais le pays/état voisin, surtout ne fais pas de stop! » Systématiquement. Les gens ont peur de ce qu’ils ne connaissent pas.

Au Mexique et au Belize, je me suis sentie protégée du fait d’être blanche, car les gens étaient curieux de savoir ce que je pouvais bien faire là au milieu de nulle part. Je ne sais pas si c’est réellement ma couleur de peau ou simplement le fait d’être identifiée comme touriste qui a eu cet effet là. Peut-être un peu des deux.

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Quels sont tes conseils pour les filles qui veulent faire du stop?

Selon moi, les conseils pour les filles sont quasiment les mêmes que pour les mecs qui veulent partir en stop en solo. Le plus important c’est de se sentir bien dans ses baskets, de toujours garder la tête sur les épaules et surtout d’être préparés à différentes situations et de savoir s’y adapter. Voilà les grands conseils pratiques que je pourrais donner à ceux qui aimeraient se lancer en stop:

 

Sourire

… et avoir une ATTITUDE POSITIVE, TOUT LE TEMPS (même quand vous êtes fatiguées, que vous avez mal dormi, que le temps est tout pourri). C’est LA clé de la réussite en stop! Et même s’il est parfois difficile de garder cet état d’esprit, c’est in-dis-pen-sable pour réussir le stop. Qui aurait envie de faire monter quelqu’un qui fait la tête dans sa voiture? En plus, vous verrez que même si l’attente se prolonge, le temps passe beaucoup plus vite en chantonnant au bord de la route et en s’émerveillant devant chaque papillon, plutôt que d’insulter chaque voiture qui passe sans s’arrêter. J’en suis convaincue: on dégage des ondes, et si elles sont négatives, le stop n’est pas pour vous.

 

Choisir un endroit stratégique

Être visible de loin, éviter les endroits dangereux (sommet de côte, virage, endroits isolés), se placer à un endroit où votre conducteur peut s’arrêter en toute sécurité, où il pourra deviner grosso modo dans quelle direction vous allez. Placez-vous à la sortie d’une ville même s’il faut prendre un transport local ou marcher beaucoup pour s’y rendre, vous gagnerez du temps (il faut parfois 2h pour sortir d’une très grosse ville). Évitez les embranchements où plusieurs itinéraires sont possibles, sur les grands axes privilégiez les stations services, aires de repos d’autoroute et bretelles d’autoroutes où il n’y a qu’une direction possible et où les voitures circulent plus lentement et auront le temps de vous voir et de s’arrêter (d’autant plus que dans beaucoup d’endroits il est interdit de faire du stop directement sur l’autoroute – bon, parfois vous n’aurez pas le choix mais à éviter!). Évitez les endroits où il y a énormément de circulation (où les gens sont focalisés sur le trafic) mais favorisez quand même des endroits où il y a du passage et quand c’est possible où quelqu’un peut vous voir.

 

Faites un effort de présentation

Évitez de cacher votre visage ou vos yeux derrière lunettes ou chapeau si c’est possible, et essayez de créer un eye-contact avec chaque voiture qui passe (associé à un grand sourire, bien sûr!). Dans le même esprit, ayez les deux mains visibles (pas de mains dans les poches ou cachées dans le dos), si vous portez comme moi un sac sur le ventre, posez le pour ne rien avoir devant vous. Bref, n’ayez pas l’air de cacher quoi que ce soit! Ayez le bras et le pouce bien tendu, et affichez un maxi sourire (c’est bête mais un bras tout mou ça donne une image de personne nonchalante ou négligée, alors faites vous les muscles!). Ayez l’air propre, portez des vêtements appropriés (confortables, visibles, qui vous protègent du soleil ou du froid). J’ai aussi remarqué que les gens s’arrêtaient plus facilement quand je portais des vêtements de couleurs. Alors n’hésitez pas à sortir votre tee-shirt à fleurs préféré, ou un foulard coloré qui vous donnera un air sympathique! Également, en tant que femme, j’ai également toujours fait attention à ce que mon apparence soit sobre et ne puisse en aucun cas être mal interprétée: pas de décolletés, pas de vêtements hyper moulants ou trop courts.

 

Anticipez, planifiez

Bien sûr, il ne s’agit pas de faire des plans sur la comète sans être sûr qu’ils soient atteints. Avant de faire un trajet en stop, choisissez votre destination, étudiez votre itinéraire de près (combien de temps faut-il? Y a-t-il beaucoup de changements de directions? Est-ce un itinéraire fréquenté ou isolé?) Prévoyez de partir suffisamment à l’avance pour être sûrs de ne pas vous retrouver au milieu de nulle part ou d’arriver dans la nuit (vous pouvez ajouter quelques « heures de sécurité » à l’estimation de Googlemaps voire doubler le temps de trajet dans certaines zones pour calculer votre heure de départ). Par exemple, il m’est arrivé de faire des trajets de 9h en une journée car c’était que de l’autoroute, et une fois le trajet de 4H s’est transformé en 12h. Repérez sur la carte où vous pourriez vous arrêter si vous n’êtes pas en mesure d’atteindre votre destination, et surtout SURVEILLEZ VOTRE CARTE pendant le trajet pour savoir où vous allez, ne pas louper votre destination, et vous assurez que vous allez bien au bon endroit. Vous en êtes responsable, et pas votre conducteur, qui ne doit en aucun cas être confondu avec un taxi. Un autre excellent moyen de préparer votre trajet est de consulter le site Hitchwiki, un site spécialement dédié aux autostoppeurs sur lequel vous pourrez apprendre pleins de trucs (puis-je faire du stop dans ce pays? Est-ce légal? Quel signe fait-on pour faire du stop dans ce pays? Est-ce facile? etc)

 

La pancarte

J’ai essayé les deux techniques (avec et sans), et aujourd’hui je voyage exclusivement sans pancarte, pour plusieurs raisons. De cette façon, lorsqu’un conducteur s’arrête, je demande en premier où il va sans lui donner ma destination. Ça me laisse quelques secondes pour évaluer si je me sens en confiance ou pas avec cette personne et éventuellement trouver une bonne excuse de refuser, mais également de savoir où elle va, et de ne pas avoir de mauvaise surprise (je pourrais ainsi vérifier sur ma carte qu’elle emprunte le bon itinéraire).

 

Suivez votre instinct, sans exception

Vous vous en rendrez rapidement compte, nous avons un 6ème sens! La prise de décision est très rapide, que ce soit pour un conducteur qui choisi de s’arrêter lorsqu’il vous a vu, ou vous qui allez accepter ou refuser de monter. S’il n’est pas conseillé de s’éterniser au bord d’une route, prenez quand même quelques secondes – avant d’ouvrir la portière – pour rapidement faire état de la situation. Avant de monter dans une voiture, assurez-vous de sa destination mais aussi que vous vous sentez à l’aise avec cette personne. Si vous ne le sentez pas, ne montez pas! C’est le moment de sortir une bonne excuse (on vous autorise à mentir dans ce cas) : « je ne vais pas dans cette direction », «  j’aimerais aller plus loin », « j’attends un ami/ des amis/mon copain qui doit me rejoindre bientôt/est parti aux toilettes… »). Si vous êtes dans une voiture et que vous souhaitez mettre fin au trajet car vous n’êtes pas à l’aise, n’hésitez pas également à prétexter quelque chose: « je me suis trompée d’itinéraire pouvez vous me déposer là », « je ne me sens pas bien », « je vais vomir », etc. Je vous rassure, je n’ai jamais eu besoin de descendre d’une voiture et il a dû m’arriver seulement deux fois de refuser un trajet parce que je n’ai pas eu envie de monter dans ces voitures.

 

Le conducteur qui nous met mal à l’aise

Si vous ne le sentez vraiment pas, cherchez un moyen de vous faire déposer dès que possible. Sinon, l’attitude et la communication sont deux excellents moyens de régler une situation où quelqu’un vous rend mal à l’aise. Ayez TOUJOURS une attitude sûre de vous, positive et confiante, même si vous ne l’êtes pas! Une personne mal intentionnée ne doit pas sentir que vous avez peur, mais que vous avez le contrôle sur la situation. Les « questions levier » qu’un conducteur qui chercherait à vous intimider peut vous poser (d’ailleurs ces questions sont presque systématiquement posées par tout le monde, vous aurez donc déjà de l’entrainement pour y répondre): « tu n’as pas peur de voyager en stop / toute seule / en étant une fille? », « tu n’as jamais eu de mauvaise expérience? » etc. Le fait de répondre de façon ultra positive, comme « non je n’ai pas peur du tout, les gens sont géniaux, incroyablement généreux, que d’excellents expériences c’est incroyable, je n’ai jamais eu de mauvaise expérience! » (ce qui est en général totalement vrai) va déjà dissuader une personne mal intentionnée d’avoir un comportement déplacé pour la simple et bonne raison que personne ne veut être différent, ou être la première personne malintentionnée (des études en psychologie l’ont d’ailleurs démontré). Bref je le répète, un comportement confiant, assuré et positif est indispensable! Une autre stratégie qui marche très bien, c’est de questionner la personne sur sa famille (Es-tu marié? As-tu des enfants? Que fait ta femme dans la vie?), de parler de sa propre famille (mes parents font ceci, cela, j’ai une sœur, etc), voire de faire des liens entre votre famille et celle de votre conducteur (mon père aussi, comme le tien, il fait ça etc). Ce type de discussion vient vraiment toucher le côté émotionnel et peut permettre à une personne malintentionnée de revoir ses éventuelles mauvaises intentions. Ce qui est génial, c’est que ces questions sont généralement les premières que votre conducteur vous posera, et votre façon d’y répondre (de façon positive, assurée et enthousiaste) conditionnera souvent toute la dynamique du trajet qui s’en suivra. De toutes les personnes qui m’ont prises en stop au cours de ces dernières années, il m’est arrivé une seule fois d’être vraiment mal à l’aise avec un conducteur et ce sont ces stratégies qui ont permis de réguler la situation. Dernier conseil: utiliser l’HUMOUR! Répondre à une question « gênante » par un éclat de rire est parfois la meilleure réponse à donner, qui pourra faire qu’un conducteur indiscret regrette sa question ou se sente ridicule. Ce qui est important, c’est de toujours avoir (ou faire croire) qu’on contrôle la situation, et que la relation conducteur/autostoppeur soit équitable (pas d’enjeu de pouvoir), c’est-à-dire de ne jamais se retrouver dans une position d’infériorité où notre conducteur pourrait se sentir pousser des ailes. Une fois de plus, je vous rassure: ces situations sont rarissimes, mais « une femme avertie en vaut dix ». Savoir quoi faire en cas de problèmes vous permettra de réagir adéquatement si cela vous arrivait, mais aussi de voyager en stop solo en toute sérénité – car dans 99,9999% des cas, c’est que du BONHEUR!

Retrouve nos conseils pour arrêter une voiture facilement dans notre guide de l’autostop

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@Marge_lette

* Crédits photos: Margaux (Marge_lette) *

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