Voyage responsable: une étiquette facile et beaucoup de greenwashing

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Face à des voyageurs de plus en plus conscients et engagés, certains n’hésitent pas à brandir l’étiquette du voyage(ur) responsable pour s’attirer un public plus large: après tout, en l’absence de définition officielle, il n’est pas étonnant que le concept de “voyage responsable” soit repris un peu partout – et surtout n’importe comment! Comment démêler le vrai du faux? Comment déceler du greenwashing – ces méthodes marketing trompeuses, utilisant des arguments écologiques et éthiques pour se donner une image qui ne reflète pas du tout la réalité? C’est ce que nous allons essayer de voir ici, en se basant sur des exemples précis.


Le voyage responsable: de quoi on parle?

Le voyage responsable est une façon de voyager qui vise à minimiser les effets négatifs liés au tourisme. Il repose sur 3 grands axes:

  • Supporter une économie plus juste (voyage équitable)
  • Préserver au maximum l’environnement (voyage durable)
  • Privilégier les interactions authentiques entre voyageurs et locaux (voyage participatif)

Aujourd’hui, on remarque (à notre plus grand plaisir!) que de plus en plus de voyageurs se préoccupent de leur impact, et souhaitent davantage s’impliquer dans tous les aspects d’un voyage responsable – écologie, économie plus juste, interactions plus authentiques.

Seulement voilà, Internet regorge de contenu (articles, vidéos) valorisant le voyage responsable… dont beaucoup ne sont que du greenwashing, respectant à peine une (voire souvent aucune) des dimensions définissant le voyage responsable

Déceler du greenwashing

Du fait de la visibilité de notre blog et de notre implication dans le voyage alternatif et responsable, il nous arrive régulièrement de recevoir des mots d’agences “spécialistes du voyage responsable” pour nous proposer un éventuel partenariat, ou d’avoir des échanges avec d’autres voyageurs à propos du voyage responsable. Et forcément, parmi tout ça, on retrouve pas mal de greenwashing

Mais alors, comment faire pour déceler la supercherie? C’est en fait assez simple: face au manque de transparence, nous enquêtons pour avoir réponses aux questions qui permettent de lever le doute rapidement!

  • Connaître la source: qui se cache derrière le contenu? Est-ce une personne, une entreprise sérieuse et totalement transparente? Comment en est-elle venue à promouvoir le voyage responsable?
  • Bénéfice(s) personnel(s): quel(s) bénéfice(s) en tire la personne/l’entreprise derrière? Dans le cadre d’une offre de séjour “responsable”, est-ce que l’argent est redistribué de manière équitable aux locaux impliqués? Comment sont répartis les coûts?
  • La différence de niveau de vie/confort: est-ce que les voyageurs sont reçus dans un cadre authentique, et pas dans un environnement artificiel et aménagé pour répondre à des standards de vie plus élevés?
  • La mise en scène: ce qui nous est montré est-il bien le reflet de la réalité? Ou une exagération voulue, pour amadouer le public?
  • Les alternatives: existe-t-il d’autres alternatives que celles qui nous sont proposées/présentées, faciles d’accès et/ou gratuites?

Nos exemples de greenwashing

Les agences “responsables” qui oublient le côté durable

Sommes-nous les seuls à être choqués lorsque des agences de “voyage responsable” ne promeuvent que l’utilisation de l’avion pour se rendre à destination?… Pourtant, on le sait: l’avion pollue. Et ce n’est pourtant pas les alternatives qui manquent: train, bus (de nuit), bateau, vélo, etc.

Un autre exemple auquel nous avons été confrontés: les repas inclus dans des tours, servis et emballés dans du plastique à usage unique (petites bouteilles d’eau en plastique, pailles, couverts plastiques, etc). Là encore, on ne peut pas dire qu’il n’existe aucune alternative au plastique…

Les aventuriers “responsables”

Pour s’attirer des vues et pouvoir démarcher des sponsors/partenaires, certains n’hésitent pas à tout miser sur le côté “écolo et responsable” – alors que leurs voyages n’ont rien de responsable. Avion à gogo, alimentation composée de produits issus de multinationales qui n’ont aucune éthique, équipement hi-tech neuf dernier cri (dont ils font la promotion via des liens sponsorisés Amazon)… Contrairement à d’autres qui documentent leur prise de conscience et leurs efforts, ceux dont on parle ne se remettent pas du tout en question; préférant se concentrer sur du marketing offensif. Next!

Les séjours proposés qui ne profitent pas aux locaux

Et là, il y a pas mal d’exemples qui nous viennent en tête:

  • L’agence de voyage ne rémunère pas ses partenaires locaux de manière à leur permettre de vivre dignement; obligeant ceux-ci à quémander des pourboires
  • Le guide n’est pas du tout local
  • Le séjour inclut des nuits dans un complexe hôtelier, alors que des chambres d’hôtes sont disponibles
  • Les souvenirs proposés à la vente ne sont pas issus de l’artisanat local

En plus, non seulement ces situations ne génèrent pas de retombées économiques justes pour les locaux, mais elles engendrent systématiquement une pollution plus importante (construction déraisonnée de structures hôtelières, souvenirs importés par cargo, etc).

Pour lutter contre le greenwashing, approprions-nous le voyage responsable

Au final, pour lutter contre le greenwashing, on n’a pas trouvé mieux que d’encourager chacun à se faire sa propre expérience du voyage responsable:

  • En voyageant lentement (slow travel) afin de limiter son impact, et d’opter pour des moyens de transport plus “doux”, moins polluants – et pas seulement une fois rendu sur place, mais aussi pour atteindre la destination voulue (voyage durable)
  • En favorisant les échanges non marchands et culturels, tels que des missions de volontariat chez l’habitant, plutôt que de s’engager au sein d’une structure à la gestion douteuse et de tomber dans l’arnaque du volontourisme (voyage participatif)
  • En achetant local (nourriture, objets, etc) auprès de petits producteurs, artisans et restaurateurs, plutôt que de favoriser des grandes chaînes (voyage équitable)

Pour aller plus loin…

 
 

* Article rédigé d’après notre expérience personnelle *

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