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Anecdotes de stop: notre première expérience en voilier-stop

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Arrivés en Thaïlande, nous savions que la prochaine étape de notre voyage allait être bien plus ardue: il nous fallait bientôt trouver un bateau pour continuer notre aventure en stop, un voilier sur lequel nous pourrions apprendre à naviguer; tout en traversant les océans pour rejoindre d’autres continents… Avec zéro expérience et un peu de culot, nous avons fini par embarquer pour vivre notre première expérience en voilier-stop!


Trouver un voilier-stop

Était-ce de la chance? De la bonne préparation? Un peu des deux à la fois? Toujours est-il que le lendemain de notre arrivée sur l’île de Phuket (Thaïlande), un message sur le site Crewbay nous attendait: Grant, un capitaine australien, proposait de nous appeler afin de faire connaissance et de discuter de ses plans de traversée, des conditions de vie à bord de Trident, son voilier. Nous mettons notre projet de collage d’affiches dans la grande marina de Phuket en pause: il faut se préparer à recevoir l’appel de Grant, lister nos questions, faire bonne impression. Lorsque enfin Grant nous appelle, nous sommes prêts – mais un peu nerveux, quand même. A l’autre bout du téléphone, nous découvrons un homme avenant, qui nous met tout de suite à l’aise. Nous finirons par lui poser toutes nos questions sur son voilier, son utilisation des voiles et du moteur, ses projets, et surtout à lui faire comprendre que, malgré notre manque d’expérience à la voile, il était hors de question pour nous de considérer cette traversée comme des vacances tous frais payés. Grant nous propose de se laisser la nuit pour réfléchir: de son côté, il avait en tête que son équipage participe aux frais d’essence et d’ancrage au port… La nervosité nous rattrape: et si il refuse? Et si il trouve d’autres équipiers, prêts à participer aux frais? Et si nous avions perdu une journée dans nos recherches? Petite lueur d’espoir: Grant souhaite embarquer un couple de confiance à bord de Trident, et notre profil lui plaît beaucoup: lui aussi a démissionné de son travail pour voyager – non pas à travers la terre, mais à travers les mers! Nous serons très vite fixés le lendemain, au réveil, lorsque sa réponse apparaît sur nos écrans: « Guys… Let’s do it! » (les gars… allons-y!). Avec Julien, nous sautons de joie: une page se tourne, une autre vient de s’écrire!

Premiers jours à bord du voilier

A la rencontre des membres

Il ne nous aura pas fallu longtemps pour débarquer sur l’île de Langkawi, au nord de la Malaisie, pour retrouver Grant et Trident – un superbe voilier de 49 pieds (environ 15m) comprenant 3 cabines, 2 douches, 1 cuisine toute équipée et un vaste espace commun. Très rapidement, nous prenons nos marques à bord et une troisième équipière russe, Nadya, vient nous rejoindre. La veille du départ, nous nous retrouvons à bord pour fêter dignement le démarrage de cette nouvelle aventure et l’anniversaire de Julien. Ce qui devait arriver, arriva: le lendemain, il a fallu repousser le départ en début d’après-midi, à cause d’un réveil collectif tardif… et des vérifications de dernière minute. Mais avant d’allumer le moteur, Grant nous convoque à l’intérieur pour un petit topo sur la sécurité à bord et la remise des gilets de sauvetage. La situation rappelle le moment où les hôtesses de l’air donnent les instructions de sécurité à bord, indiquant par des gestes gracieux les points de sortie. L’unique sortie de secours est située à l’arrière du bateau. En cas d’inondation de la cabine, ne cherchez pas les toboggans, enfuyez-vous à bord du Dinghy. Si seulement on avait su à ce moment, ce qui nous attendait quelques heures plus tard…

On lève l’ancre!

Ancre remontée, Grant à la barre, nous nous activons à remonter les bouées et ranger les cordes d’amarrage. Ça y est, nous partons! Alors que le voilier file lentement à travers les eaux chaudes de la Mer d’Andaman, nous savourons, assis sur le pont, ces premiers instants sur l’eau avec un vent frais venant caresser notre visage, et de drôles de poissons (que nous surnommons les poissons Mickael Jackson) venant danser à la surface de l’eau. Sur les instructions de Grant, nous tendons la voile de devant: en cas de tempête, et comme nous allons naviguer de nuit, mieux vaut ne pas sortir la grande voile – plus compliquée à retirer. Le capitaine avait vu juste: tandis que Nadiya et moi préparions le dîner, la mer a commencé à s’agiter et le bateau à… tanguer. En un instant, nous nous sommes retrouvées à l’autre bout de la cabine, sans comprendre ce qui venait de se produire. Comme un avion qui entre dans une zone de turbulences, notre voilier venait d’entrer dans une mer très agitée! Hôtesse de l’air, gilets de sauvetage. Ne pas penser au pire, continuer. Avec l’aide de Nadiya, je reprends la préparation du dîner, cuisinant d’une main, m’accrochant avec l’autre. Premier constat positif: je n’ai pas le mal de mer. Deuxième constat positif: malgré tout, le dîner est réussi! Alors que les assiettes se vident et que le soleil disparaît, nous nous organisons pour la suite. Nadiya restera avec le capitaine dans le cockpit pour la première moitié de nuit. Avec Julien, nous décidons de nous coucher. Julien ne se sent pas très bien, et je commence à être fatiguée… Il sera pourtant difficile de trouver le sommeil dans ces conditions: notre lit se trouve au niveau du nez du bateau, qui se révèle être la partie la moins stable du navire. À 1h30, je me lève pour prendre mon quart: la mer est toujours agitée, et le capitaine, tout juste endormi dans le cockpit. C’est le moment que je redoutais tant – vous savez, le fameux moment où on se retrouve seul, petit, face aux éléments et à la nuit obscure qui ne fait plus qu’un avec l’océan… Mais lorsque mon regard se pose au loin, ce n’est pas le néant tant attendu mais des dizaines de lumières qui se reflètent sur l’eau, témoins des nombreux bateaux de pêche et autres cargos qui errent sur les mers. Le spectacle m’enivre, et j’en oublie les vagues, le vent, les secousses. Seule derrière la barre, je prends plaisir à conduire l’équipage et moi-même vers des eaux plus calmes…

Nos impressions sur le voilier-stop

Il nous aura fallu 5 jours de voilier-stop pour arriver au port de Puteri, situé en face de Singapour. 5 jours de navigation non-stop, en alternant des veilles de nuit et des journées plus calmes. 5 jours où nous avons appris les rudiments de la voile, le fonctionnement de l’autopilote et du traceur. 5 jours de partage, de moments de joie, d’émerveillement, de bains matinaux dans la mer (raccourcis à cause des piqûres de méduse…), de siestes, de rires – surtout lorsque des équipages de cargo s’insultent à la radio, sur la chaîne 16 réservée aux urgences.

Quant à nous, au cours de la 3ème veille de nuit, Grant me confie qu’il est impressionné par notre capacité d’adaptation à bord, notre aisance, et me demande si j’avais déjà navigué… Non, jamais. Mais ma mère, oui. Elle serait tellement heureuse et fière de savoir que j’ai le pied marin!

En savoir plus sur le bateau-stop

* Article rédigé d’après notre expérience personnelle *

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