Hospitalité, Volontariat: guide de l’hébergement alternatif en voyage

21 Partages

Article mis à jour le 09 Juin 2020

Dormir chez l’habitant est ce qui fait la saveur de notre voyage: passer une nouvelle nuit sur la route est un prétexte aux rencontres, à l’échange, à l’enrichissement… C’est ce qui rend notre aventure possible et singulière, en nous permettant de respecter nos objectifs écologiques, économiques et d’échanges culturels. Mais avant d’en arriver là, il a fallu apprendre à se défaire de notre confort, à aller vers les autres – en un mot, à sortir de notre zone de confort. Ce qui n’était pas une étape évidente hier, l’est devenue aujourd’hui: c’est pourquoi nous avons crée ce guide de l’hospitalité et du volontariat, afin de t’aider à vivre pleinement un voyage hors du commun!


Les principaux réseaux d’hospitalité

Couchsurfing (payant)

Qu’est-ce que c’est?

À l’origine, Couchsurfing est un réseau social sur Internet permettant de mettre en relation des voyageurs et des locaux désirant se rencontrer / s’héberger (voir la rubrique « à propos » du site).
Le mot est depuis passé dans le langage courant: « Couch-Surfing » (en anglais, surfer sur le canapé) définit le fait d’héberger des voyageurs ou d’être hébergé par des locaux. Le site Couchsurfing est devenu la référence dans le domaine, nous avons d’ailleurs trouvé beaucoup de nos hôtes grâce à ce site durant notre aventure en stop, principalement lorsque nous faisions étape dans les (grandes) villes!

Comment ça marche?

Pour utiliser le site Couchsurfing, il suffit de te créer un profil dessus. Si tu voyages avec un partenaire, il est préférable d’avoir un profil chacun (et de mettre le lien du profil de ton partenaire sur ton propre profil). Il te faudra ensuite compléter ton profil à 100%: confirmation de ton adresse email (en cliquant sur le lien reçu par e-mail) et/ou de ton numéro de téléphone, photo de profil, obtention d’au moins 2 références personnelles (demande à tes amis inscrits sur le site de t’en faire une!), etc.

Est-ce payant?

Avant mai 2020, le réseau fonctionnait sur un système de « profils vérifiés » (profils payants) et de profils gratuits. Avoir un profil vérifié comportait plusieurs avantages: obtenir un badge de sécurité, contacter d’autres membres de manière illimitée (limitation fixée à 10 messages / semaine avec un profil gratuit), ne pas voir de publicités, une recherche d’hôtes plus exhaustive…

Comme l’idée de faire payer des individus pour un concept basé sur l’échange et la gratuité nous plaisait très peu, nous avions alors trouvé un moyen tout à fait légal pour obtenir un profil vérifié gratuitement: il suffisait tout simplement d’héberger des voyageurs! C’est d’ailleurs ce que l’on recommande à quiconque souhaitant faire partie d’un réseau d’hospitalité: accueillir chez soi des voyageurs afin de comprendre comment cela fonctionne, mais surtout comment se comporter chez les autres. De plus, les avis laissés par les invités permettent de rassurer de futurs hôtes par la suite!

Malheureusement, le réseau d’hospitalité a désormais été rendu payant pour tous les membres enregistrés dans des pays dits « développés » (la liste des pays concernés n’a toujours pas été communiquée). Cette nouvelle affaire, couplée à un manque de transparence et de reconaissance envers la communauté qui a permis au site d’exister, nous a amené à faire nos « au-revoir » à Couchsurfing.

Pourquoi nous avons dit « au revoir » à Couchsurfing

Trustroots

Qu’est-ce que c’est?

Trustroots est une alternative  créée par les nomades à l’origine de Hitchwiki.org et Nomadwiki.org. Ce site est open-source et à but non lucratif. Il dispose également de son application mobile, et la recherche d’hôtes se fait très simplement sur une carte!

Comment ça marche?

À l’inverse de Couchsurfing, il n’est pas possible d’en devenir membre facilement: il faut y être invité par un membre déjà actif du réseau! L’avantage de filtrer les inscriptions tourne à l’inconvénient lorsqu’il s’agit de trouver un hôte: la communauté ne s’est pas encore développée partout dans le monde… Bien que depuis que Couchsurfing soit devenu payant, le site a connu un taux record de nouveaux inscrits! En tous cas, les quelques expériences d’hébergement via Trustroots que nous avons eues se sont toutes avérées géniales!

Les autres réseaux d’hospitalité

BeWelcome

Un autre site open-source, à but non lucratif, avec une simple inscription et une recherche de membres directement sur une carte. Nous ne l’avons pas utilisé, comme TrustRoots il y a encore peu de membres actifs.

WarmShowers

Warmshowers est une alternative réservée aux cyclistes uniquement. Le but n’est pas forcément d’héberger un cycliste, mais de lui offrir “une douche chaude” (d’où le nom, warm showers!) après une longue journée passée à pédaler!

Groupes Facebook

On y pense peu, mais pourtant… Il nous est arrivé de trouver des hôtes via le réseau social Facebook en postant des messages sur des groupes dédiés au voyage et au voyage alternatif, groupes d’expatriés ou groupes d’entraide locale (comme le groupe Young people in Kosovo). Ça vaut le coup d’essayer, non?

Son propre réseau

Plus qu’une alternative, c’est même la première solution à envisager! Combien de fois avons-nous été hébergés par des amis d’amis, ou des contacts de personnes rencontrées sur la route? Le gros avantage d’utiliser son réseau, c’est que tu es sûr de rencontrer des personnes de confiance – et de passer un bon moment!

Formuler sa demande
  • Tout d’abord, assure-toi d’avoir bien complété ton profil: photo, description, centre d’intérêts, projet de voyage, etc.
  • Rédige une courte présentation de toi, en 2-3 phrases, et explique à la personne à qui tu demandes l’hospitalité ton projet, pourquoi tu as choisi cet hôte, et comment tu peux la remercier si elle accepte (en lui apportant une bouteille ou un souvenir, en lui préparant un plat, en l’aidant dans ses tâches quotidiennes). Reste honnête et explique bien tes intentions, certaines femmes ont été refroidies par de précédentes expériences de voyageurs un peu trop… dragueurs.
  • Ne sois pas déçu si tu obtiens un refus ou une absence de réponse: les hôtes peuvent recevoir énormément de demandes ou être très occupés; il faut respecter cela! En moyenne, nous avons constaté dans les grandes villes qu’une demande sur 10 envoyées débouchait sur un « oui ».
  • Sur Couchsurfing, tu peux également créer une demande publique, visible par l’ensemble des hôtes disponibles dans la ville où tu te rends. Par expérience personnelle, les demandes publiques ne fonctionnent pas vraiment en Europe… 

La demande d’hospitalité par approche directe

Durant notre voyage, nous avons pu être hébergés grâce au contact direct avec les locaux. Comment?

En premier lieu, grâce à l’autostop (la fameuse sunset car)! Il nous est arrivé plus d’une fois qu’un conducteur, après avoir écouté notre histoire, décide de nous offrir (en plus d’un trajet en voiture) l’hospitalité pour la nuit!

Grâce à la recherche active d’hôtes, en demandant, avec un peu de culot, à être hébergés! En ce qui nous concerne, nous ne demandons jamais directement aux personnes de nous loger: nous ne souhaitons pas les mettre devant le fait accompli, leur forcer la main ou avoir l’impression qu’ils se sentent obligés de nous héberger. Nous privilégions une approche toute en douceur, avec le sourire, en montrant que nous sommes totalement indépendants:

« Nous avons des matelas et des duvets. Nous recherchons un endroit où dormir en sécurité. Connaissez-vous un endroit sûr où nous pourrions dormir? »

Que donner en retour?
 

L’hospitalité n’est pas un geste à sens unique. Même si certains hôtes aiment accueillir des voyageurs sans contrepartie (pour le plaisir de rendre service, avoir de la compagnie ou de l’aide, pour nous faire découvrir leur région ou pour voyager un jour, à leur tour, de cette manière), il a toujours été primordial, à nos yeux, de donner quelque chose en retour. Cette contribution est parfois impalpable; comme être simplement présent ou converser basiquement avec notre hôte – mais dans tous les cas, nous proposons volontairement notre aide: cuisine, ménage, bricolage, babby-sitting etc. La plupart du temps, nous cuisinons des plats français pour nos hôtes – voir nos recettes: c’est notre manière de les remercier et de leur faire découvrir notre culture! Si vous avez un peu de place dans vos sacs, tu peux également rapporter quelque chose de ton pays. Enfin, il est très important de faire en sorte que les hôtes se sentent toujours bien chez eux, en respectant les règles de la maison. Par exemple, nous nettoyons toujours derrière nous, faisons la vaisselle directement après avoir utilisé les plats, nous évitons le plus possible d’éparpiller nos affaires, et sommes toujours flexibles quant aux impératifs horaires de la maison! 

Le volontariat, le bénévolat

Principe du volontariat

Le volontariat en voyage repose sur un principe simple: travailler quelques heures par jour, en échange du logis et des repas. Il y a plusieurs avantages à cela:

  • C’est la manière la plus économique de voyager (couchage et nourriture offerts)
  • On y apprend de nouvelles compétences
  • L‘immersion au sein d’une famille est plus longue que le couch-surfing chez quelqu’un

À titre personnel, nous avons déjà effectué plusieurs missions (très) variées: travail à la ferme, assistant en auberge de jeunesse ou guesthouse, volontaires dans un café de langues, baby-sitters, volontaires pour des organisations humanitaires, aides de chantier…

En général, nous  considérons qu’une mission de volontariat doit respecter les termes suivants:

  • 4-5h de travail par jour
  • 2 jours de repos par semaine
  • Couchage et nourriture offerts

Bien sûr, ces conditions ne sont pas fixes et dépendent de la mission en question (travail à la ferme, en auberge) et de… toi!

Trouver un volontariat

Réseaux de volontariat

Il existe une multitude de sites payants, dont les plus connus sont WorkAway et HelpX. Le principe est simple: tu paies à l’année pour accéder, de manière illimitée, à une liste de contact d’hôtes présents partout dans le monde!

Il existe quelques alternatives complètement gratuite (mais que nous n’avons pas encore testée): HippoHelp, Voluntouring

Groupes de Facebook

Eh oui, encore eux!… Bien que nous n’avons pas (encore) utilisé ces groupes pour nos recherches de mission, il est tout à fait possible d’y trouver des projets de volontariat intéressants. On tient également à souligner que ces groupes ne servent pas uniquement à l’échange de contact: les membres sont là aussi pour s’entraider et répondre à tes questions sur le sujet!

Approche directe

C’est la méthode que nous privilégions désormais! Il existe deux manières de faire:

  • Le porte-à-porte
  • La candidature spontanée

Personnellement, nous avons plusieurs fois démarché des auberges sur Internet (en trouvant d’abord le nom de l’établissement sur Booking.com) en expliquant le principe du volontariat, nos attentes, et en joignant notre CV de volontaires. Comme pour la recherche d’emploi, nous avons plusieurs fois fait face à des refus, à des absences de réponses – mais aussi, et heureusement, à quelques réponses positives qui se sont transformées en de superbes expériences de volontariat!

Mise en garde
 

Excepté certains domaines d’activité qui nécessitent des horaires souples (en hôtellerie par exemple), on conseille de toujours bien définir à l’avance les conditions de travail, notamment sur les questions horaires, logement et repas – et ceci afin d’éviter toute déconvenue à l’arrivée…
On évite, autant que possible, de « prendre la place » d’un travailleur local: en effet, certains hôtes peu scrupuleux utilisent le volontariat dans l’unique but d’avoir de la main d’œuvre gratuite. On a vécu cela lors de notre première expérience de volontariat, lorsque nous avons aidé à rénover une vieille villa à Venise. Désormais, nous essayons toujours d’évaluer les vrais besoins de nos hôtes avant, en évitant d’accepter des tâches qu’un travailleur local pourrait faire en étant embauché si l’hôte a les moyens!
Enfin, et c’est le plus important: si la mission ne te plaît pas, pars! Comme tu n’es pas lié à un contrat de travail, tu es donc libre de t’en aller à tout moment, sans avoir à te justifier!

Les autres formes de volontariat

Le Home Sitting

Il s’agit de garder la maison de quelqu’un qui doit s’absenter sur une période (pendant ses vacances par exemple) en échange de l’entretien de la maison, l’arrosage des plantes ou de la garde de ses animaux. 
Les sites les plus connus (payants) pour le Home Sitting sont Housecarers, MindmyHouse, Nomador. Comme nous n’avons pas encore d’expérience dans le domaine, on te suggère d’aller lire l’article “Qu’est-ce que le House Sitting?” sur le blog Pouce ton Sac!

Le volontariat humanitaire

Nous n’allons pas te définir ce qu’est le volontariat humanitaire; en revanche, nous souhaitons te mettre en garde sur ce type de volontariat, géré parfois par des associations plus ou moins sérieuses… Renseigne-toi bien sur les réelles motivations et le suivi des projets de ces associations (à lire: attention au volontourisme), en particulier lorsqu’ils te demandent une grosse somme d’argent pour seulement quelques jours sur place…

De notre côté, nous avons eu la chance de rencontrer, sur la route, des bénévoles travaillant pour des associations humanitaires (principalement d’aide aux migrants) en Serbie et en Grèce. C’est donc avec plaisir que nous les avons aidés dans leur mission! 

Bonus SerialHikers: nos hébergements insolites

  • Pizzeria (Serbie)
  • Boulangerie (Grèce)
  • Hôtels / Guesthouses (partout)
  • Yourte (Kirghizistan)
  • Sanatorium délabré (Arménie)
  • Café-Restaurant de route (Arménie)
  • Dans une auberge pour routier (frontière Kirghizistan – Chine)
  • Centre de médecine chinoise traditionnelle (Chine)
  • Boutique de matériel informatique (Thaïlande)
  • Villas flottantes (Hong Kong)
  • Resort vide durant la pandémie de Covid19 (Philippines)

Nos autres articles sur le voyage alternatif:

* Article rédigé d’après notre expérience personnelle *

21 Partages

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *