262 Partages
world-flags-globe-translation

Pas besoin de vous faire un dessin: voyager sans avion, c’est utiliser tous les autres moyens de transport à notre disposition; c’est voyager par voie terrestre et maritime exclusivement, c’est renoncer à parcourir la moitié du globe en quelques heures. C’est aussi le type de voyage que nous avons adopté, en choisissant de “rester au sol” (stay grounded). Pourquoi, comment? Les adeptes du voyage sans avion que nous sommes sont toujours ravis de répondre à toutes vos questions!

 

 

Pourquoi faire un voyage sans avion?

… Et pourquoi pas? Ma maman dirait “parce que j’ai la phobie de l’avion”. Ok maman, c’est un bon argument! Mais ici, on préfère s’attarder sur les motifs qui résultent de choix, et non de solutions par défaut.

💚 Raison écologique

C’est LA raison principale des voyageurs qui ont décidé de ne plus prendre l’avion: l’avion fait partie des modes de transport les plus polluants, et son utilisation, même limitée, fait exploser leur bilan carbone. Avec 2 tonnes de CO2 émises par passager pour un aller-retour Paris-New York alors qu’il faudrait émettre moins de 2 tonnes de CO2/personne/an pour ne pas perturber le cycle naturel du climat selon les derniers rapports scientifiques (voir aussi wikipedia en anglais). Il fallait donc prendre des mesures pour être cohérent avec ses engagements écologiques: adieu, avion!

 

🏖️ Fuir le tourisme de masse

Juillet, billets d’avion pour Santorin en poche, vous vous préparez à prendre (enfin!) du bon temps loin de votre boulot stressant, sauf que… Les ruelles de Santorin sont noires de monde, les hôtels tous complets, et il n’y a pas un mètre de sable disponible pour étendre votre serviette. La faute aux belles photos Instagram qui vous ont donné envie de voir les maisons toutes blanches en vrai, et à Ryanair qui vous permet de faire l’aller-retour pour moins de 100€. Pas top pour la détente, ni pour le dépaysement et l’originalité.

 

😊 Apprécier le déplacement

“L’important, ce n’est pas la destination mais le voyage”: je ne sais plus qui a dit ça, mais je suis sûre que vous avez déjà entendu cette citation, tout comme moi. Et on ne peut qu’être d’accord: voyager, c’est aussi prendre du plaisir à se déplacer, à apprécier notre environnement, que ce soit en se laissant la liberté de changer d’itinéraire en cours de route, en faisant plus de rencontres sur le chemin, en prenant son temps… Tout simplement, en vivant plus d’expériences dans le voyage, qui resteront longtemps gravées dans la mémoire!

 

🔗 Se reconnecter à la réalité

Voyager sans avion, ce n’est pas toujours évident: on se frotte désormais à la réalité, aux barrières physiques (montagnes, océans à traverser) et géopolitiques (pays en guerre, frontières fermées), aux distances longues à parcourir, au changement des cultures, de la nature, des saisons… Voyager sans avion c’est donc un juste retour à la réalité, en s’y confrontant comme les grands voyageurs du passé (découvrir la côte américaine en bateau comme Christophe Collomb, c’est quand même plus excitant que de photographier le hublot de son avion long courrier Paris-NYC).

 

backpacking Jul&Gaux SerialHikers autostop hitchhiking aventure adventure alternative travel voyage volontariat volonteering Kyrghyzstan Kirgizstan animal aigle eagles horses chevaux condition reflexionbackpacking Jul&Gaux SerialHikers autostop hitchhiking aventure adventure alternative travel voyage volontariat volonteering Kyrghyzstan Kirgizstan avion osh ecologie à lire: pourquoi nous ne prendrons plus l’avion! chiffres & réflexion…

 

Les alternatives à l’avion

Mais alors, “comment je fais pour partir en vacances” me direz-vous? Très simple! On se renseigne sur les différentes alternatives à l’avion, on choisit les modes de transport qui pourraient correspondre au mieux à notre budget et nos envies, et on part l’esprit tranquille!

 

🌍 Par voie terrestre

En marchant

Oui, des voyageurs qui ne voyagent qu’en marchant, ça existe! On en a rencontré un, en Iran: parti de Chine, Christophe se rendait en Allemagne, tout seul, et à pied. On pourrait aussi vous citer les voyageurs qui font régulièrement le chemin de Compostelle. Le hic, c’est qu’il faut quand même avoir beaucoup de temps devant soi, et être sacrément motivé!

En vélo

En voilà un super outil pour se déplacer sans polluer (ou presque)! Non seulement on avance plus vite en vélo qu’avec nos jambes; mais en plus, ça muscle les cuisses. L’autre gros avantage du vélo, c’est qu’on peut facilement en louer, emprunter, réparer, acheter d’occasion presque n’importe où dans le monde!

Saviez-vous qu’en Europe il est très facile de voyager à vélo grâce aux pistes EuroVelo? Des pistes 100% cyclables et sécurisées, pour vous faire voyager à travers plusieurs pays!

En train et en bus

On les avait bien délaissés, et pourtant, ces deux moyens de transport ont tout pour plaire:

  • Ce sont les transports en commun les moins polluants, avec une empreinte carbone pas trop mauvaise
  • Les trains et bus de nuit sont également très économiques, puisque vous économisez une nuit d’hôtel
  • Ils permettent de faire de chouettes rencontres (ou pas, mais bon, la vie c’est comme une boîte de chocolats…)
  • Les trains mythiques comme le Transsibérien ou l’Orient Express ont bien plus de charme que la flotte Air France

Pour visiter l’Europe en train, pensez au pass InterRail!

En autostop

L’essayer, c’est l’adopter! Optimiser le système imparfait des trajets voiture en occupant l’espace vide (le taux de remplissage moyen d’une voiture est d’environ 1,5), le tout en faisant de belles rencontres et en voyageant gratuitement, c’est quand même génial, non? En terme de transport humain et écologique, on n’a pour le moment pas fait mieux!

En covoiturage

Le covoiturage, c’est l’utilisation conjointe et organisée d’un véhicule par des particuliers, dans le but d’effectuer un trajet commun. À l’inverse de l’autostop, le covoiturage implique une organisation spécifique (définir l’heure et le lieu de rendez-vous) et des frais à partager équitablement entre tous les occupants du véhicule. Et c’est bien ça le problème: comme nous l’explique Clément, le covoiturage va obéir aux lois du marché et le conducteur trouvera, dans cet avantage financier, une excuse pour utiliser sa voiture (voir même en faire son business!). Hormis cela, le covoiturage reste une bonne alternative écologique (la pollution engendrée est partagée entre tous les passagers) et un moyen plus sûr de se déplacer en voiture (profil, avis disponibles sur les sites internet dédiés au covoiturage).

 

🌊 Par voie maritime

Via le cobaturage

Le cobaturage, c’est comme le covoiturage, sauf que ça concerne les bateaux (des bateaux appartenant à des particuliers, et non à une entreprise comme c’est le cas pour les cargos et les ferrys). On parle de cobaturage quand tous les frais à bord sont partagés équitablement (carburant, frais de marina, nourriture, etc). Le cobaturage s’adresse surtout aux aventuriers qui n’ont pas peur du mal de mer (ça secoue plus en voilier!), qui préfèrent le voyage lent (en moyenne, 100 milles marins parcourus en 24h – soit 185km) et s’intéressent à la voile. Si l’aventure vous tente, n’hésitez pas à scruter les annonces en ligne sur les sites spécialisés tels que Bourse aux équipiers (francophone), Crewbay et Find a crew (international).

En cargo

C’est possible, ça? Alors on va t’apprendre un truc: non seulement c’est possible, mais en plus c’est hyper cool, confortable, et bien plus rapide que la voile! Le problème, c’est le prix (comptez à partir de 100€/jour/personne, repas inclus).

En bateau-stop

Prenez la définition d’autostop, et remplacez le mot “auto” par “bateau”: voilà, vous avez compris le principe! La seule différence, c’est que l’on ne va pas attendre qu’un bateau (voilier, cargo, ferry, bateau de pêche, navire de guerre etc) nous prenne en pleine mer, flottant le pouce en l’air… Il faut donc chercher à embarquer gratuitement avant que le bateau largue les amarres; autrement dit, embarquer gratuitement avec la bénédiction du capitaine. Et là, plusieurs solutions s’offrent à vous: contacter les capitaines via les sites spécialisés de cobaturage en expliquant votre projet, déposer des annonces au port/dans les marinas/à la capitainerie, contacter les compagnies de ferry/cargo pour vous faire offrir le billet, tenter de faire ami-ami avec un capitaine au bar du coin…

 

transports écologie ingénieur clément tour du monde énergie pollution autostop avion train bus marche vélo à lire: transports et écologie: explications par un ingénieur TourDuMondiste

 

Comment ça s’organise, un voyage sans avion?

🎒 Équipement, matériel

Vous vous en doutez: partir sur la route avec une valise à roulettes, ce n’est pas très pratique… Mais outre la valise à roulettes, si vous choisissez de marcher ou de pédaler, il va falloir vous équiper différemment (chaussures de marche adaptées, bâton de marche, vélo, sacoches, …).

à lire: le contenu de nos sacs

 

📝 Assurance

Assurance… Un condensé de galères administratives résumé en un mot. Pourtant, ça reste bien utile lorsqu’on se fait bobo ou que l’on cause des dégâts aux autres à l’étranger! Avant de vous embarquer dans une nouvelle aventure, relisez bien les conditions de garanties de vos assurances (assurance “responsabilité civile”, assurances liées à votre carte bleue…). Surtout si vous partez pour un long voyage, en prévoyant de passer par des zones faisant l’objet d’une notice par le Ministère des Affaires étrangères, ou avec du matériel spécifique et coûteux…

à lire: notre article sur la santé et l’assurance en voyage

 

🛂 Visa & passage des frontières

Comme avec l’avion, avant de vous rendre à destination, vérifiez bien la validité de votre passeport, les conditions d’entrée (visa, pas visa?) et accessoirement, la réglementation du pays concernant les médicaments, l’alcool, les drogues… (promis, on ne vous juge pas). 

Faire son visa

Il est tout à fait possible de faire son visa sur la route: soit en se rendant dans l’ambassade du pays que l’on souhaite visiter dans le pays où l’on se trouve, soit en le faisant directement à la frontière, soit en ligne si le pays possède un système de e-visa… Il suffit juste de se renseigner (en se rendant sur notre page visa & passage frontière, par exemple) et d’emporter avec vous tous les documents nécessaires (photocopies passeport, photo d’identité etc).

Passer une frontière terrestre

Un passage de frontière terrestre, ça se prépare: il faut d’abord se renseigner sur la frontière à passer (ouverte? fermée? dangereuse?) et les horaires d’ouverture du poste frontière en question (spoiler: ils ne sont pas tous ouverts 24h/24). Une fois que tout est bon, présentez-vous le jour J aux douaniers du pays sortant avec votre passeport en règle, vos sacs et votre plus beau sourire. Et recommencer cette opération avec les douaniers du pays entrant!

Sortir légalement d’un pays par bateau

Pour le coup, vous n’avez presque rien à faire! Le capitaine du bateau ou un agent d’escale local se chargeront toujours des formalités de douanes. Seules formalités restant à votre charge (si applicables): obtenir le visa pour le pays de destination, et passer au bureau de l’immigration pour faire tamponner votre passeport avant la sortie du territoire. Dans tous les cas, le capitaine ou l’agent d’escale vous aideront dans ces démarches!

 

 

Les bienfaits du voyage sans avion

Il aurait été dommage de conclure cet article sans vous citer tous les bienfaits du voyage sans avion – des effets positifs que nous avons pu constater nous-mêmes au cours de notre périple!…

  • Fini le décalage horaire brutal (jet lag): au moins, on n’aura pas passé des journées au lit, les yeux injectés de sang et les cernes grosses comme nos sacs.
  • “La tourista? On ne connait pas!”. On se demande à quoi vont encore nous servir tous nos sachets de Smecta… Selon mes modestes connaissances en biologie, il semblerait que nos estomacs se soient habitués lentement et progressivement aux nourritures locales. En revanche, ils ne se sont toujours pas habitués à un régime sans fromage!
  • Un bilan carbone au top: lors de notre dernier bilan, nous avions estimé notre empreinte carbone à 453 kg CO2/personne en parcourant plus de 50 000 km en autostop – soit l’équivalent de ce qu’émet une personne pour faire un aller simple, en avion, de Paris à Athènes!
  • On vit beaucoup de belles choses sur la route: est-ce bien utile de vous redire à quel point notre voyage sans avion nous a permis de faire de belles rencontres, voir de magnifiques paysages, vivre des aventures plus grandes?…

 

Mais au final, la question qui se pose vraiment est: “Est-il possible de se passer de l’avion pour voyager, quand on a peu de temps pour le faire?”. Ma réponse est OUI. Surtout si vous revoyez votre jugement sur le transport, en considérant votre déplacement comme une réelle aventure, et non une perte de temps!

 

 

* Article rédigé d’après notre expérience personnelle *
 
262 Partages

Laisser un commentaire

douze + huit =