En tête à Têt – Roadtrip au Vietnam

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Bonjour, Hello, Ciao, Dober dan, Dobar dan, Mirëdita, Geai sou, Merhaba, Barev, Gamarjoba, Salam, Salom, Nihao, Xin chào, Sabai dee! Bienvenue dans notre série de newsletters qui retrace, chapitre par chapitre, notre grande aventure en autostop. Voici le chapitre 18 de notre aventure: « En tête à Têt » – Roadtrip au Vietnam.


Bingo!

D’un côté, une piste, un no man’s land, quelques baraques, des douaniers corrompus. De l’autre, une route bien tracée, un bâtiment neuf, des files organisées: nous revoici passé sous le pavillon rouge à étoile jaune, au pays des deux-roues et des averses torrentielles. À quelques pas du poste-frontière, un vietnamien de passage en scooter s’arrête, nous offre son aide: en moins de deux, il négocie notre trajet avec un camionneur Laotien. On retrouve bien-là l’hospitalité vietnamienne, dans toute sa splendeur: nul besoin de tendre le pouce pour trouver une main tendue. Et c’est comme ça que nous embarquons pour 70 kilomètres de route, en compagnie d’un routier Lao parlant surprenamment bien anglais.

Nos chemins divergeant, nous serons déposés, sur notre insistance et sous une pluie incessante, sur le bord de la route en direction des grottes de Phong Nha. De l’autre côté, un groupe d’hommes nous fait signe de venir nous abriter: chaises, bières, riz; nous voilà vite intégrés dans leur fête entre amis. Personne ne parle anglais; heureusement, nous réussissons à communiquer par gestes et traducteur. Quang, le propriétaire des lieux, finit par nous demander nos âges: 29 s’affiche sur mon écran tandis que je me tape la poitrine, 31 pour Julien qui répète mon geste. Quang se saisit d’un bout de papier, d’un stylo: les numéros sont recopiés avant d’être passés à un convive, qui s’en va prestement avec, ainsi qu’un peu d’argent. On comprendra bien plus tard que Quang a, en réalité, fait jouer nos âges au Loto. Tous attendent le tirage du soir, plein d’espoir… Et contre toute attente, le numéro 29 sort, lui permettant d’empocher 4 millions de Dongs (environ 160€, soit 1 mois de salaire). Pour fêter cela, l’heureux gagnant nous invite à rester: qui peut se vanter d’avoir touché le gros lot grâce à deux étrangers?

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La cadette de notre hôte, une fillette attachante

Lorsqu’on se réveille au petit matin, ses trois enfants sont là: dans leurs mains se tiennent de nouveaux jouets, sans doute achetés avec une partie du nouveau butin. La plus petite semble complètement hypnotisée par notre présence: ses yeux écarquillés ne quitteront pas Julien lorsqu’il cuisinera des crêpes pour tout le monde, ni mes mains cousant une robe pour sa nouvelle poupée, avec une chute de tissu gardée pour réparer nos propres vêtements. Malgré nos efforts, la barrière de la langue devient pesante: nous tournons vite en rond dans cette petite maison rudimentaire, isolée, sur le bord d’une route nationale. On part le lendemain matin, reposés, douchés: malgré la chaleureuse invitation de notre hôte à rester au moins jusqu’à Têt (le nouvel An vietnamien), nous voulons retourner sur les routes, stopper des voitures, suivre d’autres opportunités. Nous arrivons dans la matinée à la grotte Paradise Cave, que nous visiterons en dépensant nos derniers dongs et dollars. Une visite agréable qui nous fera rencontrer une famille vietnamienne adorable, en vacances dans la région: ils nous emmèneront avec eux, s’arrêtant en chemin pour nous faire découvrir le pont Hiền Lương (un pont divisé en deux durant la guerre du Vietnam opposant le Nord et le Sud). À la nuit tombée ils nous déposeront à Huê, l’ancienne capitale impériale, après avoir proposé de nous héberger plus tard sur Hô Chi Minh City, si notre route venait à y passer… 

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Paradise Cave
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Le pont Hien Luong

Fêtons Têt

Des étals remplis de nourriture et de fleurs, des kumquats sanglés sur des scooters: partout dans les rues du centre-ville, l’effervescence se fait sentir. Se faufilant parmi la foule, nos pas nous mène jusqu’au parc du 3 Février, de l’autre côté du pont Trường Tiền, au bord de la rivière des parfums. Assis sur un muret, avec de délicieux Bánh Mì dans nos mains, on se repaît de cette ambiance de fête, de Têt, de notre dîner végétarien. « Hey! Are you backpackers? ». On relève nos têtes, intrigués: face à nous, une routarde chinoise portant un sac tout aussi gros que son assurance. Oui, nous sommes des backpackers; mais aussi des autostoppeurs, couchsurfers, campeurs, marcheurs, grands voyageurs… « Me too! » Le visage d’Amy s’illumine, radieux: ce soir, dans un coin du parc, nos deux tentes seront plantées, côte à côte, à l’abri en-dessous d’un arche fleurie.

Oser pour demander: le lendemain, nous trouvons une auberge qui acceptera de garder nos sacs gratuitement toute la journée, puis nous interrogerons plusieurs touristes pour connaître leurs avis sur les différentes attractions. C’est sur leurs conseils que nous déciderons de ne pas visiter l’intérieur de la Cité Impériale – qui ne présente que peu d’intérêt sans les explications détaillées d’un guide local. On finira par faire le tour de l’enceinte, tomber sur le parc grand ouvert du Thua Thein Hue History Museum où sont exposés de vieux véhicules militaires, se poser dans un petit restaurant. Et comme la veille, nous finirons la journée au parc, déçus de ne pas avoir trouvé l’occasion de passer ce Nouvel An avec une famille vietnamienne. À l’heure où sont tirés les feux d’artifice de Têt, nos esprits ne sont pas à la fête.

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L’arbre de Têt: un Kumquat transporté en scooter
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Une partie de Plumfoot le soir de Têt (da cau)

La nouvelle année du Cochon commence par une longue marche: environ huit kilomètres pour sortir de la ville et récupérer la route en direction du sud, huit kilomètres parcourus à notre rythme, arrêtés en chemin pour voir une pagode, déjeuner, ou visiter un tombeau impérial… On finit par arrêter une voiture, conduite par un jeune couple en route pour Danang. On vérifie sur la carte, nos soupçons se confirment: la ville a l’air grande, trouver un endroit où camper relèvera de l’impossible. Voyons… Tiens, la route passe par une petite ville balnéaire, avec une longue plage de sable où l’on pourra certainement planter la tente, face à la mer. « Pourriez-vous finalement nous arrêter à Lăng Cô, svp? ». On rentre dans le premier boui-boui ouvert sur le bord de la nationale, pour commander un bol de noodles végétarien. Un client déjà attablé engage la discussion en anglais, tout en traduisant derrière notre histoire à la patronne: touchée, celle-ci nous propose d’utiliser sa modeste salle de bain, et de revenir le lendemain matin, pour goûter un petit-déjeuner vietnamien. Son offre tombe à pic: après une douche au seau et de chaleureux remerciements, on file sur la plage pour y installer notre campement.

Un soleil radieux, un ciel parfaitement bleu, et le bruit des vagues en arrière plan: on sort de notre tente totalement détendus, contents, pour se retrouver nez-à-nez avec le manager du resort d’à côté… Oups! On s’apprête à devoir déguerpir avec nos airs contrits; mais notre homme nous arrête, avec un grand sourire: il nous propose de déplacer notre tente sous une rangée de cocotiers au sein du resort, et à profiter de toutes les commodités gratuitement – piscine, toilettes, douche, WiFi. Ce qui n’était qu’une étape choisie au hasard s’avérera être un véritable paradis pour routards: on y restera quatre jours, à se reposer, lire, travailler. Quatre jours au calme, face à la mer, à profiter d’un resort vide de touristes, à s’attacher au propriétaire du petit restaurant Quan bé viêt – un vieux monsieur parlant un peu français. Quatre jours au cours desquels nous ferons la connaissance de Vivi, une vietnamienne de passage, professeur particulier d’anglais, qui nous proposera de venir passer les derniers jours de Têt chez elle, à Da Nang. Quatre jours parfaits. 

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Pause déjeuner, avec le propriétaire du restaurant parlant français!
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On quitte notre paradis en tendant notre pouce vers le col des Nuages (col de Hải Vân) avant de redescendre vers Da Nang, le sourire béat, la tête dans les nuages. Accueillis chaleureusement par Vivi et son mari Hai, ses deux enfants Sim et Sam, et tous les enfants du voisinage, nous voilà enfin plongés dans la magie de Têt, avec ses traditions, ses repas de fête. Dès le lendemain, Vivi nous prête son scooter pour nous permettre de visiter les alentours, des montagnes de marbre à la péninsule de Son Trà: de nos premières accélérations timides aux freinages brusques en plein trafic, on se souviendra avec émotion de cette première expérience de conduite d’un scooter automatique. 

« Cảm ơn, Vivi ». D’un langage à l’autre, nous éprouvons toujours la même difficulté: celle d’exprimer notre gratitude envers ceux qui nous offrent l’hospitalité. « Au revoir les enfants, vous allez nous manquer ». On part, un peu à regret – d’autant que sortir de la grande ville de Da Nang nous causera bien des difficultés… On persiste malgré l’attente, la chaleur, les petites distances. À la sortie de Tam Kỳ, un vieux vietnamien nous interpelle: dans un anglais américain remarquable, il nous invite à nous asseoir autour d’une table, et nous offre du jus de coco frais. Incroyable! On l’écoute nous parler de la guerre contre les Américains à l’ombre d’un banyan, un verre de jus à la main. Le jour commençant à baisser et sans aucune autre perspective, nous décidons de passer la nuit sur l’île de Tam Hải (une île accessible via un bac gratuit). En ce jour de Saint Valentin, nous pensions camper sur le sable, face à la mer – histoire de terminer notre périple sur une note romantique… Mais en arrivant sur la longue plage de Tam Hải, c’est le choc, la désillusion: notre belle plage est ensevelie sous une montagne de déchets, notre projet enseveli par une immense déception. On s’éloigne de la plage, à la recherche d’un bout de terrain propre, quand un couple âgé nous interpelle: Ham, grand-mère sourire, nous emmène chez elle… Sans se poser de question, Ham et son mari viennent de nous offrir l’hospitalité – de la douche sommaire au dîner de crustacés (rendu possible grâce à leur fils pêcheur), du dessert de crabe aux sessions portraits (avec tous les membres de la famille présents) jusqu’au coucher, installés dans la pièce principale, allongés sur nos matelas gonflables.

Lorsque la police s’en mêle

Après des aurevoirs matinaux, on repart, via le bac en sens inverse. Durant la traversée, Sen, une jeune active apprêtée dans son pantalon blanc et sa veste bien taillée, nous observe. Du coin de l’œil, elle parcourt notre panneau d’autostop rédigé en vietnamien. Ni une, ni deux, elle descend de sa moto pour nous proposer son aide: elle nous invite d’abord au premier café du coin, afin d’échanger calmement autour d’un petit-déjeuner vietnamien. Sen, après plusieurs échanges laborieux avec le traducteur, nous convainc de retourner à Tam Kỳ (la ville traversée la veille): elle nous y invite, avec insistance. À la sortie du café, elle arrête une autre dame à moto: chacun assis à l’arrière d’un scooter, on se laisse porter par la magie de ce premier moto-stop. On s’attable une deuxième fois avec Sen, mais le repas est cette fois-ci écourté: Sen doit maintenant partir travailler à HCMC… Mauvaise compréhension, changement de plan? On ne le saura jamais. Un peu déçus mais bien repus, on marche quelque temps avant d’atteindre l’autoroute la plus proche…

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Notre premier moto-stop au Vietnam!

On se fera avancer jusqu’à Duc Pho, où la tombée de la nuit nous oblige à nous y arrêter: après un dîner léger, nous demandons à de jeunes étudiants de nous indiquer un endroit sûr pour camper. Le groupe nous conduit à moto au grand parc de la ville (Quảng trường 8 Tháng 10): après un tour de reconnaissance des lieux, nous choisissons un endroit un peu l’écart, sous des arbres, pour y déployer notre tente. « Papers, please! » (papiers, svp!) Alertés par le voisinage, des policiers en civil viennent à notre rencontre: on comprend vite que nous ne pouvons pas rester là; en revanche eux ne comprennent pas pourquoi nous préférons bivouaquer que d’aller à l’hôtel. On ressort les traducteurs, tapote les grandes lignes de notre aventure sur nos écrans, en expliquant tout; du pourquoi au comment. Rien à faire, nous devons déguerpir: un des policiers suggère qu’une de ses connaissances nous héberge, mais arrivés devant la maison en question on nous explique que ce plan tombe finalement à l’eau. Légèrement agacés, nous retournons d’un pas ferme au parc: pourquoi nous empêcher d’y camper, lorsque l’on ne gêne personne et qu’il n’existe aucune autre possibilité? Évidemment, notre retour au parc entraîne le retour des policiers. Mais cette fois, coup de théâtre: les policiers nous annoncent avoir trouvé une nouvelle solution, plus viable… Ils nous escortent jusqu’au motel du coin, où nous passerons la nuit, gratuitement, dans le relatif confort d’une chambre défraîchie.

Après nos mésaventures de la veille, quelle surprise de voir à quel point tout finit par s’enchaîner avec facilité le lendemain: une voiture directe pour Da Dia, une invitation à partager un pique-nique en famille sur la plage… Porté par ces bonnes ondes, Julien me convainc de passer la nuit là: dans la continuité de la plage se trouve un petit village de pêcheurs, où aucun touriste n’ose s’y aventurer. Alors que le soleil se couche sur Da Dia, un autre spectacle se joue devant nous: au centre du village, enfants et parents se regroupent en cercle pour jouer à des jeux d’argent. La récompense pour le gagnant? Un dîner complet, cuisiné par une adorable grand-mère vietnamienne auprès de qui nous nous sommes déjà fournis.

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Camping sur la plage, près de Da Dia
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Da Dia

Camper sur la plage, à deux pas de Da Dia, s’est révélé être une formidable idée: au réveil, nous sommes tout seuls à profiter de ces drôles de formations rocheuses pour faire des photos sans touristes. Quand ceux-ci arrivent en milieu de matinée, nous reprenons nos sacs, direction la sortie: on profitera des toilettes propres et peu fréquentées pour se toiletter (Julien m’avouera s’être carrément douché, en utilisant la douchette des WC!). Sur la route aux abords de Tuy Hòa, un conducteur s’arrête et nous invite à la Sunday Party de son oncle, négociant pour Saigon, la bière locale… L’occasion pour nous de tester cette bière blonde faite de malte et de riz, et plein de délicieux mets (dont des fourmis rouges grillées, servies en condiment!). 

Après le départ des invités, notre conducteur se tourne vers nous, un peu gêné: faute de mieux, il nous propose de nous conduire au parc d’une petite ville de banlieue, sur la route de Buôn Ma Thuột. L’endroit, malheureusement, ne se prête pas au camping: le parc est recouvert de dalles; et manque cruellement de végétation pour monter notre tente en toute discrétion. Hors de question de se faire déloger par la police une seconde fois! On repart de là, s’arrêtant ça et là pour demander aux voisins, en quête d’un bout de jardin… Finalement, nous serons accueillis par Tung et sa fille Vi, toutes deux d’accord pour nous laisser camper près de la maison familiale. Problème: le mari et père de Vi ne semble pas être du même avis… Vi nous enjoint à déplacer notre tente derrière, à côté de la maison de sa grand-mère. Un peu gênés d’être cause de conflit, on propose à Vi de s’en aller mais celle-ci refuse et fait son maximum pour nous aider: partage de Wifi, douche, rallonge pour charger nos appareils; on ne sait plus comment la remercier! Malgré une nuit chaude qui nous empêchera de bien dormir, nous nous levons tôt pour repartir – déclinant poliment la proposition de Vi de partager le petit-déjeuner, de peur de créer d’autres tensions dans sa famille. Avant de reprendre la route, Vi nous glisse un billet de 200 Dongs (moins de 1ct d’euro) signé de son nom, comme pour nous porter chance.

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Avec Vi, sa grand-mère et un cousin

De centres d’anglais en centres d’anglais

« May I help you? » (puis-je vous aider?). Duy, une jeune femme active en moto, s’arrête à notre niveau à la sortie de Buôn Ma Thuột. On lui explique notre parcours, notre envie de camper non loin des cascades conseillées de Dray Nur pour pouvoir les admirer dès le lendemain matin, seuls, tranquillement. « You can come to my home instead, I live nearby » (vous pouvez venir à la maison plutôt, j’habite à côté). Nous avons beau en avoir déjà eu, et pourtant les propositions d’hébergement spontanées ont toujours le même effet: elles nous pétrifient de surprise un instant, avant de nous réchauffer le cœur et de nous transcender d’un mélange de bonheur, de gratitude et d’apaisement. Julien arrête une autre personne à moto, tandis que je prends place derrière Duy. Au fond de ma poche, froissé, j’effleure le billet « porte-chance » de Vi du bout des doigts…

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Duy sur la pas de la maison familiale
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Dray Nur

Le soleil est au rendez-vous lors de notre visite de Dray Nur; la chance en autostop aussi: depuis la cascade cachée derrière les champs de café, nous enchaînons les petits trajets pour rejoindre Hama, un hameau situé au cœur des montagnes centrales. Peter et Hang, nos futurs hôtes, doutent que nous puissions arriver à destination uniquement à la force du pouce: nous les rassurons, bien que la police de Gia Nghia aient failli faire échouer notre plan. Finalement pris en stop par un voisin qui connaît bien Hama, nous arrivons à la ferme à la nuit tombée – ou plutôt dans une drôle de ferme, aménagée en centre d’anglais: derrière les murs de l’ancien hangar se trouvent un dortoir, une cuisine partagée, des douches WC, une grande salle de classe… où de jeunes adultes s’entraînent, en récitant haut et fort l’alphabet latin. Peter nous explique le fonctionnement quasi-militaire du centre: lever 5h et cours de yoga, petit-déjeuner, journée de cours intensifs, tâches domestiques partagées, jardin collectif… Un fonctionnement strict auquel personne ne déroge – personne sauf nous, invités-rois et conférenciers d’un jour.

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Peter (sur ma gauche), nous et les élèves du centre d’anglais d’Hama

Depuis Hama, la route QL28 nous emmène jusqu’à Phú Thủy, sur la côte. De là, il ne nous restait plus qu’à trouver un véhicule pour nous déposer 20km plus loin, à Mũi Né – une station balnéaire touristique, réputée pour ses dunes de sable « rouge ». Sur la plage de Mũi Né, nous retrouvons Amy (l’autostoppeuse chinoise rencontrée à Hué): très vite, nous décidons de camper à nouveau, tous les trois. Arpentant la plage et les rues de Mũi Né avec nos gros sacs, nous demandons ça et là où nous pouvons déplier nos deux tentes. Malheureusement, dans une ville balnéaire où chaque parcelle de terrain (plage comprise) est privatisée, impossible d’y trouver l’hospitalité: exténués par une longue journée, nous nous laissons convaincre par Amy de planter nos tentes au sommet des dunes de sable. Très mauvaise idée! Réveillés à 5h par une horde de touristes bruyants, du sable partout à l’intérieur, on replie tout, maugréant, pressés de trouver un peu de réconfort ailleurs…

Tandis qu’Amy reste à Mũi Né, nous visitons le canyon Fairy Stream situé quelques kilomètres plus loin, avec nos sacs à dos. À la sortie, nous retrouvons Amy, bien contente de reprendre la route avec nous: avec plus de facilité que ce que l’on imaginait, nous réussissons à trouver une voiture qui nous avance tous les trois jusqu’à Trảng Bom, une ville située dans la banlieue d’Hô Chi Minh City. Il est 15h30 et nous n’avions pas encore déjeuné: sur le bord de la route les restaurants ne manquent pas, et nous trouvons rapidement un établissement où nous restaurer à petit prix. Première surprise: la fille aînée parle un anglais parfait; en réalité elle revient tout juste d’Australie (où elle étudie le reste de l’année) pour passer Têt en famille, avec son petit-ami australien et un ami à lui. Deuxième surprise: en découvrant notre histoire, notre interlocutrice convainc sa famille de nous héberger tous les trois, en nous mettant à disposition une chambre inoccupée, derrière la salle de restaurant. En remerciement, nous les aiderons à débarrasser toutes les tables lors du service du soir – un sacré engagement au vu du nombre de couverts servis en ce samedi soir!

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Muy Ne
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Fairy stream

Julien recontacte la famille qui nous avait déposé à Huê, et leur demande si ils sont toujours d’accord pour nous accueillir, ainsi qu’Amy qui nous accompagne désormais. « Of course! You can stay in our English center for as long as you like » (Bien sûr, vous pouvez rester dans notre centre d’anglais autant de temps que vous voulez). Décidément, on en aura « visité » pas mal, des centres d’anglais! Faut dire qu’au Vietnam, pays en plein essor, de nombreuses familles sont prêtes à payer des cours privés à leurs enfants, à prix d’or. Le rendez-vous est donné: nous sommes accueillis le lendemain au centre English Kingdom en présence de Maika, une jeune philippine employée et hébergée sur place. On prend nos quartiers, nos trois matelas gonflables posés par terre, dans une salle vide du centre – avant de réaliser, avec tristesse, que nos visas allaient bientôt expirer. Tandis qu’Amy repart vers le Cambodge, nous décidons de rester autour de HCMC jusqu’au bout: on tire une croix sur le delta du Mékong, et on passe du temps entre potes – avec Clémence, une française expatriée rencontrée via les réseaux; avec Julien, un ami de longue date qui a accepté de nous ramener des affaires en France, avec Peter, le voyageur américain rencontré en Asie Centrale, avec Keïjy, un jeune métisse vietnamien-martiniquais; avec An, une maman solo manager dans les essais cliniques (cf. notre ancien métier)… Sans oublier Randy, qui nous a hébergés deux nuits dans son salon de massage à Thủ Dầu Một, où il n’emploie que des aveugles et malvoyants locaux. On refermera ce chapitre vietnamien sur deux visites de mémoire; celles du musée des vestiges de la guerre à HCMC et des tunnels de Cu Chi… L’occasion d’ouvrir les yeux sur une autre partie du Vietnam, moins glamour: son passé mouvementé.

En savoir plus sur le Vietnam:

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* Article rédigé d’après notre expérience personnelle *

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